Transformation de l’architecture moderniste en architecture de l’entraide : comment réinventer l'architecture fonctionnaliste pour y permettre le bien-vieillir ?

(2026)

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Comment vieillir sereinement lorsque l'architecture même de nos villes nous isole ? Face au vieillissement démographique, le logement, censé être un refuge, devient trop souvent un lieu d'exil et de solitude pour les aînés. Permettre le « bien vieillir chez soi » dépasse largement la simple adaptation technique : il est urgent de déverrouiller nos modèles d'habitat ségrégués pour recréer du lien à l'échelle du foyer, des communs et du quartier. Dans cette optique, l’héritage moderniste des années 1960 et 1970 peut offrir un terrain d’investigation. Conçus selon l’idéal fonctionnaliste de la « machine à habiter » et marqués par une stricte séparation des usages, ces grands ensembles aujourd'hui vieillissants peuvent-ils dépasser leur ségrégation spatiale pour devenir de véritables supports d'interaction et de solidarité ? Pour y répondre, cette recherche s'appuie sur l'éthique du care, redéfinissant l'architecte comme un « ménageur » chargé de prendre soin de la matière bâtie et de ses habitants. La méthodologie croise une analyse typologique des formes d'habitat solidaire avec une démarche d'expérimentation par le projet, appliquée à l’immeuble mixte « L'Esplanade » (Watermael-Boitsfort, 1968). Lutter contre l'isolement nécessite donc de transformer simultanément le logement et les infrastructures urbaines. À travers des interventions concrètes l'étude démontre qu'en révélant le potentiel du « déjà-là », le monument moderniste peut se métamorphoser en une véritable « architecture de l'entraide ». Un réseau durable de soutien qui permet aux aînés, non seulement de rester chez eux, mais surtout de continuer à vivre pleinement au cœur de la ville.