Entre trajets évités et quête de légitimité : La place des jeunes filles au Peterbos à Anderlecht

(2026)

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Les espaces publics et collectifs ne sont jamais neutres. Leur ambiance, leur configuration ainsi que leurs modes d’appropriation impactent de façon directe les possibilités de circulation et le sentiment de légitimité des habitantes. Au sein des quartiers populaires, ces espaces sont la plupart du temps marqués par une répartition inégale des usages, où certaines présences prennent place plus aisément que d’autres. Dans ce cadre, la question du genre se manifeste comme un enjeu spatial. Le Peterbos, situé à Anderlecht, est un ensemble de logements sociaux et constitue un terrain particulièrement révélateur de ces différentes problématiques. Bien que les jeunes filles habitent le quartier, leur présence au sein des espaces publics et collectifs reste à peine visible et souvent limitée. À l’inverse, certains espaces sont perçus comme étant largement appropriés par des usages masculins. Cette recherche part de ce constat, afin d’interroger les conditions spatiales qui permettent ou empêchent une présence plus libre des jeunes filles au sein du Peterbos. Ce travail se base sur une enquête de terrain, associant des entretiens, des observations de terrain et un atelier participatif. Ceux-ci ont permis de relever plusieurs éléments tels que la question de la visibilité dans le sentiment de confort et d’inconfort, la difficulté exprimée par les jeunes filles à s’installer dans les espaces extérieurs et à trouver une place légitime sans devoir en permanence négocier leur présence, ainsi que le rôle des espaces intermédiaires comme lieux-refuges. Par le biais de cette démarche, ce travail cherche à démontrer comment l’architecture contribue à soutenir une présence stable, confortable ainsi que légitime des jeunes filles dans les espaces publics et collectifs du quartier.