Habiter pour se (re)construire : quand le chez-soi répare le soi

(2025)

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Le nombre de personnes sans domicile fixe a plus que doublé en dix ans en France, atteignant 350 000 en 2024. Si l’urgence impose de mettre à l’abri, ce travail interroge le rôle de l’architecture au-delà de cette réponse immédiate. Il explore comment l’architecture peut accompagner les parcours de sortie de rue et la (re)construction de ces personnes après une marginalisation de longue durée. À partir d’enquêtes de terrain à Lille, de rencontres avec des personnes à la rue et des professionnel·le·s de l’hébergement, ce mémoire explore les dimensions sensibles du chez-soi comme espace d’ancrage identitaire, d’intimité, de stabilité et de liens. Il révèle les limites spatiales des structures d’hébergement classiques et l’hostilité de l’espace public, où l’appropriation de l’espace est largement empêchée. Dans ces contextes où l’espace ne permet plus d’être, il rappelle que l’appropriation d’un lieu, aussi modeste soit-il, est le premier geste pour se (re)construire. Habiter, alors, ne se réduit pas à occuper un espace : c’est y inscrire sa présence, y nouer des repères, y faire exister le soi. Ce travail montre combien faire sien un lieu est au cœur de toute reconstruction personnelle. Deux terrains principaux ont été étudiés : l’espace public et les centres d’hébergement. Ces lieux sont analysés à travers des relevés habités, révélant les obstacles spatiaux, institutionnels ou symboliques qui freinent la constitution d’un chez-soi. Les cas de Thibault et Gaëtan, vivant à la rue, ou encore ceux de résidents de CHRS, montrent que même en situation de rue et de précarité, des formes de chez-soi peuvent émerger, pour peu que l’espace soit appropriable. Ce travail aboutit à la conception d’un lieu pensé pour accompagner les parcours de sortie de rue : l’Auberge Sociale, un projet architectural soutenant la reconstruction de soi. Espaces ouverts à l’appropriation, modulables selon les rythmes de vie, gradients de seuils vers l’intime : chaque fragment de l’espace invite à habiter pleinement, à retrouver les gestes du quotidien, à renouer avec soi.