La réutilisation adaptative des piscines Tournesol comme levier de sauvegarde et de requalification culturelle
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- Symbole d’une architecture standardisée et industrialisée de masse, icône de la culture pop des années 70 et emblème de la démocratisation de la natation pour tous, la piscine Tournesol de l’architecte Bernard Schoeller, produite à plus de 183 exemplaires, disparaît peu à peu du territoire français. Il y a une cinquantaine d’années, l’État français, accablé par les mauvaises performances de ses nageurs aux Jeux olympiques de Mexico de 1968, par les nombreuses noyades survenues au cours des années soixante et dans une quête de démocratiser le sport pour la jeunesse grandissante, lance un concours national appelé l’opération : 1000 piscines. Lauréat du concours, l’architecte Bernard Schoeller conçoit une piscine, comme un objet industrialisé et sans site, baptisée Tournesol, qui se distingue par sa forme en coupole, ses coques en plastique aux couleurs pop et sa particularité de s’ouvrir au sud en période estivale. Initialement conçues pour une durée de vie de 25 ans, ces piscines, par manque de campagnes de restauration et la création de nouveaux complexes nautiques plus adaptés, voient aujourd’hui leur nombre diminuer, avec pas moins de 97 déjà détruites et beaucoup d’entre elles laissées à l’abandon. Toutefois, au fil des années, ces piscines ont acquis un statut d’icône architecturale, avec certaines d’entre elles labellisées : Architecture contemporaine remarquable. Face à ces démolitions, la réutilisation de la Tournesol apparaît alors comme un moteur de conservation et une opportunité d’offrir une seconde vie à ces piscines emblématiques. Dans cette perspective, le choix de programmer un centre des arts vivants ne constitue pas seulement une réutilisation fonctionnelle, mais s’inscrit comme une réponse à la fois culturelle, sociale et territoriale capable de redonner un sens et une attractivité nouvelle à ces équipements aujourd’hui délaissés, tout en honorant leur héritage architectural.