Les interactions entre bouleversements climatiques et autres facteurs structurels de migration d'Afrique subsaharienne à la Belgique
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- Ce mémoire analyse comment les bouleversements climatiques interagissent avec les autres facteurs structurels (sociaux, économiques, politiques et de genre) de migration d’Afrique subsaharienne à la Belgique, à travers une approche intersectionnelle. Il est pertinent de préciser que l’objectif de cette recherche n’est pas d’isoler les bouleversements climatiques comme unique cause de la migration, mais de comprendre les mécanismes sociaux par lesquels il renforce ou révèle des vulnérabilités préexistantes. La recherche repose sur une approche qualitative biographique, via des entretiens semi-directifs compréhensifs (récits de vie). Le matériau principal est constitué de neuf entretiens menés auprès de personnes (5 hommes et 4 femmes) ayant migré vers la Belgique, issues de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne (dont Bénin, Somalie, RDC, Cameroun, Burundi). L’analyse est structurée autour de quatre axes : climat comme multiplicateur de vulnérabilités, approche genre/intersectionnalité, rôle des institutions (capacité d’adaptation/gouvernance), puis facteurs pull vers l’Europe. Cette recherche qualitative met en évidence le caractère multicausal de la migration, en insistant sur la manière dont les facteurs s’imbriquent et s’influencent. Les résultats de cette recherche pointent une mise en difficulté des moyens de subsistance avec les bouleversements climatiques en cause. Ce manquement, a bien des égards, engendre d’autres niveaux de vulnérabilités économiques et sociales et peut également agir comme catalyseur ou amplificateur de conflits sociaux violents. Il apparaît également que les impacts des bouleversements climatiques et les marges de manœuvre pour y répondre soient différenciés en fonction du genre ; charge de survie et violences patriarcales pour certaines femmes, injonctions économiques pour certains hommes Enfin, les récits insistent sur le rôle de la faible capacité d’adaptation, de la corruption et de la mauvaise gouvernance, et sur une rupture à l’arrivée : les cadres de l’asile centrés sur la persécution rendent souvent invisibles les motifs climatiques/économiques, poussant parfois à adapter le récit.