Postures professionnelles des travailleurs sociaux des BAPA et orientation des primo-arrivants

(2025)

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Ce mémoire étudie les postures professionnelles des travailleurs sociaux des Bureaux d’Accueil pour Primo-Arrivants (BAPA) dans le cadre de l’accompagnement et de l'orientation des primo-arrivants à Bruxelles. L’objectif principal est d’examiner la manière dont les perceptions/représentations des besoins des primo-arrivants par les travailleurs sociaux des BAPA à Bruxelles influencent les orientations qu’ils leur préconisent pour leur insertion socioprofessionnelle. Pour y arriver, nous nous sommes appuyés sur le cadre d’analyse de « street-level bureaucracy » de Lipsky et les typologies des postures professionnelles des travailleurs sociaux selon Kristel Driessens. Pour répondre à cette problématique, une démarche qualitative de type ethnographique a été mise en œuvre. L’échantillon comprend des entretiens semi-directifs avec sept travailleurs sociaux (dont un du BAPA Bruxelles, maintenant à Convivial et six du BAPA Convivial) et trois bénéficiaires, complétés par cinq observations sur le terrain. Les données ont été analysées à l’aide d’une grille thématique basée sur un guide d'entretien. Les résultats montrent que l'hypothèse selon laquelle les postures professionnelles des travailleurs sociaux influencent la relation avec les usagers et leur orientation a été largement confirmée. Les travailleurs sociaux se positionnent majoritairement comme des « accompagnateurs ». Pour atteindre leurs résultats en termes d’accompagnement et d’orientation, ils ont besoin d’établir une relation de confiance envers les bénéficiaires. Cela constitue une base qui favorise le travail d’après : un bon accompagnement et une bonne orientation. De plus, les travailleurs sociaux exercent un pouvoir discrétionnaire significatif en adaptant les procédures administratives et les tests linguistiques aux réalités des primo-arrivants. Cependant, ils sont confrontés à une surcharge de travail, des blocages administratifs et des difficultés de collaboration avec des partenaires externes, ce qui les pousse parfois à des « manœuvres de travail clandestin » pour contourner les obstacles. Malgré leur rejet explicite de la catégorisation, l'analyse révèle la présence implicite de catégorisations basées sur l'origine, le niveau de scolarité ou la maîtrise du français, ce qui influence les perceptions et orientations. Le point de vue des bénéficiaires est globalement positif, bien que l'un d'eux ait signalé un manque de soutien spécialisé pour les profils académiques. Ces résultats mettent en évidence le décalage entre les attentes des politiques publiques et la réalité du terrain, ainsi que les stratégies d’adaptation développées par les travailleurs sociaux pour maintenir une forme d’efficacité et d’humanité dans un système bureaucratique souvent rigide et contraignant. Et s’ancrent dans un dispositif Enfin, ce mémoire souligne que les postures professionnelles des travailleurs sociaux, influencées par le pouvoir discrétionnaire, sont cruciales pour l’orientation des primo-arrivants, et s’ancrent dans un dispositif BAPA perçu comme inadapté et rigide par les professionnels. Les apports du travail résident dans la documentation des pratiques concrètes des agents de terrain et la mise en lumière des défis qu'ils rencontrent. Nous reconnaissons les limites de l’étude, notamment le nombre restreint d'entretiens et le fait de nous appuyer sur un seul BAPA. Enfin, le point de vue des bénéficiaires est moins approfondi. Nous proposons des pistes de recherche ultérieures afin d’approfondir la compréhension des variations de pratiques entre BAPA et d'évaluer les effets à long terme de l'accompagnement. Enfin, nous suggérons d’étudier l'impact des stéréotypes implicites sur les décisions des travailleurs sociaux.