Réhabiliter le patrimoine pour le social, la solidarité comme "Opera d'Arte"
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- Ce mémoire interroge la manière dont l’architecture peut permettre la réappropriation habitante d’un édifice patrimonial et la création d’un pôle d’inclusion sociale et culturelle à Rome. Il prend comme point de départ un constat double : d’un côté, la surprotection et la muséification du patrimoine historique ont progressivement vidé les centres historiques de leur vitalité locale, transformant la ville en décor touristique et éloignant les populations les plus fragiles. De l’autre, une crise du logement profonde touche Rome, où la gentrification, la spéculation immobilière et le développement des locations touristiques rendent l’accès au centre-ville impossible pour une grande partie de la population. Face à ce constat, le mémoire propose une réponse architecturale à travers la réhabilitation de l’Ex Istituto Angelo Mai, une ancienne école/internat abandonnée depuis 2002, située dans le quartier Monti à Rome. Bâtiment discret, presque invisible depuis la rue malgré ses dimensions imposantes, l’Angelo Mai porte en lui deux mille ans de stratifications qui illustrent que Rome ne détruit pas, elle recouvre et transforme. Le projet défend une vision du patrimoine comme bien commun vivant, capable d’évoluer pour servir le présent plutôt que de figer le passé. Le programme proposé associe un espace culturel ouvert à tous, des logements sociaux familiaux et une structure d’accueil solidaire pour les personnes en situation de précarité, trois éléments pensés non pas comme des fonctions séparées, mais comme un ensemble interconnecté, fédéré par la coursive existante du bâtiment. Réhabiliter ici ne signifie pas transformer pour rentabiliser. Cela signifie rouvrir un lieu à la ville, rendre visible ce que la ville cache, et faire de la solidarité une œuvre, une "Opera d’Arte". .