La bifurcation professionnelle chez les nouveaux diplômés du BIRSG : étude de cas d’étudiants en master de santé publique
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- Le secteur de la santé fait face à un vieillissement de la population et une augmentation constante des maladies chroniques, générant une demande accrue en soins infirmiers. En Belgique, le secteur souffre d'une pénurie importante de personnel actif au chevet du patient entrainant une détérioration des conditions de travail (surcharge, épuisement professionnel, lourdeur administrative, présentisme) allant parfois jusqu’à l’altération de l'équilibre entre vie privée et professionnelle. Parallèlement à cela, on note un nombre conséquent de nouveaux diplômés du bachelier Infirmier Responsable de Soins Généraux (BIRSG) faisant le choix précoce de quitter le milieu clinique et cela malgré le passage de la formation à 4 ans (incluant 2300 heures de stage clinique), une réforme visant pourtant à professionnaliser et faciliter l'insertion des étudiants. Ce mémoire interroge donc les motifs amenant ces nouveaux infirmiers inscrits en master de santé publique à réaliser une bifurcation professionnelle. L'étude repose sur une démarche qualitative explicative-diagnostique et empirico-inductive basée sur la méthode des récits de vie. L'échantillon comprend 13 infirmières diplômées de la formation BIRSG en 4 ans, travaillant en milieu hospitalier et poursuivant ou ayant achevé un Master en santé publique à Bruxelles (UCLouvain ou ULB/Erasme). Les données ont été recueillies au moyen d'entretiens semi-directifs enregistrés et retranscrits. L'analyse thématique des données a été réalisée autour des concepts clés suivant : le contrat psychologique, la bifurcation professionnelle, le processus de socialisation et d'insertion professionnelle et la mobilité professionnelle. L'analyse montre que le choix de la bifurcation résulte principalement d'une rupture du contrat psychologique (les attentes implicites et réciproques entre l'infirmier et l'organisation). L'écart entre l'idéal véhiculé durant la formation et la réalité du terrain (manque de temps pour le care, surcharge de travail, manque de reconnaissance, etc.) constitue un choc motivant la bifurcation. Trois profils types d'infirmières (types idéaux) ont été identifiés : 1. La porte de sortie immédiate (Groupe 1) : De jeunes diplômées subissant une rupture nette du contrat psychologique et cherchant à fuir l'épuisement professionnel physique et mental. 2. La porte de secours future (Groupe 2) : Des infirmières d'âges variés anticipant la pénibilité du métier à moyen terme, utilisant le Master comme un outil pour garantir un meilleur équilibre entre leur vie de famille et leur vie professionnelle. 3. L'outil d'enrichissement et d'évolution (Groupe 3) : Des infirmières plus expérimentées (souvent d'origine étrangère et mères de famille) pour qui le Master n'est pas une fuite, mais un moyen d'évoluer et s’épanouir dans la profession. Le Master en santé publique représente ainsi un outil favorisant la mobilité professionnelle externe permettant aux soignants de préserver leur santé tout en restant acteurs du système de soins.