Entre les temps : révéler l'abbaye Saint-Bavon de Gand

(2026)

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Certaines ruines s'effacent du regard, jusqu’à devenir invisibles dans la ville qu’elles ont pourtant façonnée. Ces lieux semblent attendre qu’un nouveau récit leur soit offert. Dans le cœur de Gand, ville rebelle et capitale des Flandres, l’abbaye bénédictine de Saint-Bavon est dissimulée derrière un écrin de verdure. Ancien ensemble monastique majeur dont la présence s’est estompée au fil des siècles suite aux transformations de la ville, elle ne conserve aujourd’hui que quelques bâtiments et des murs en ruine, vestiges les plus anciens de Gand. Or, le patrimoine architectural, relique du temps et de l’histoire des civilisations, ne peut plus rester un objet pétrifié à destination muséale. Il devient essentiel d’interroger sa place dans la ville, sa capacité à l’habiter et à participer à son évolution face aux enjeux contemporains durables. Le projet propose de redonner à ce site une place dans la ville en lui attribuant un usage contemporain : un conservatoire de musique, de danse et de théâtre ainsi qu’une cafétéria. Le programme vise à sortir le patrimoine de son éternel sommeil tout en traitant avec respect la sensibilité extrême des vestiges et les aménagements paysagers existants, notamment la fameuse « église verte ». Le travail explore également les clefs d’un dialogue entre patrimoine et architecture contemporaine : comment honorer le lieu ? Comment intervenir sur un site avec tant de mémoire sans le dénaturer ? Comment habiter la ruine et transmettre ses traces ? Il est nécessaire d’étudier ce dialogue afin de transformer l’objet patrimonial en un lieu vivant réinscrit dans le territoire gantois. Le projet articule les lectures territoriales, urbaines et architecturales. Il s’appuie sur les traces subsistantes du plan de Saint-Bavon afin d’en révéler les qualités latentes et de renouer les liens entre l’abbaye, le parc et la ville. Il redonne un sens à l’abbaye en réinterprétant l’élément central du plan monastique : le cloître.