Paysage comestible : Régénérer la terre, les fermes d’hier comme point d’ancrage d’une transition territoriale vers l’autonomie alimentaire de demain
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- Face aux crises climatiques, sociales et alimentaires qui fragilisent nos sociétés contemporaines, ce mémoire explore le potentiel du paysage comestible comme outil de résilience vers l’autonomie alimentaire. En articulant les enjeux agricoles, paysagers et urbains, le travail interroge la manière dont l’architecture peut renouer le lien entre ville et campagne, et le consommateur et son assiette. À Tournai, les ressources agricoles sont considérables mais sous-exploitées : des sols fertiles, un réseau hydrographique, un patrimoine bâti rural abandonné. Pourtant, la majorité des terres cultivées est dédiée à l’exportation, déconnectée des besoins locaux. Réinvestir ces paysages, c’est affirmer que l’agriculture peut être bien plus qu’un outil productif : elle devient une structure territoriale, génératrice de biodiversité, de liens sociaux, de savoir-faire et de qualité de vie. L’hypothèse défendue ici est simple : la réhabilitation des fermes en déshérence constitue un levier de transition vers une agriculture régénératrice. Il ne s’agit pas de nostalgie rurale, mais d’un progrès concret, où l’architecture accompagne l’émergence d’un système nourricier local et durable. Le projet territorial met en place un parc agri-urbain multifonctionnel. Ce parc, structuré autour du réseau hydrographique tournaisien, favorise les échanges entre ville et campagne grâce à la création d’une voie douce. Il repose sur une succession d’infrastructures agricoles ouvertes au public, dont dix fermes constituent les pivots. Ces fermes revalorisées assurent une double fonction et œuvrent toutes en interdépendance. Parmi elles, la ferme du Bourlu devient un projet pilote : à la fois ferme maraîchère régénérative, lieu de restauration et d’apprentissage, elle incarne un espace productif vivant d’échange, de formation et de sensibilisation. Située en lisière urbaine, elle accueille enfants et adultes dans une dynamique d’apprentissage par le faire. Ce projet propose dans son ensemble un modèle transposable, qui j’espère, sera capable d’inspirer d’autres villes vers leur propre souveraineté nourricière.