Du fard féminin au coloris androgyne: une incursion dans l'esthétique mondaine de Versailles au XVIIe siècle

(2026)

Files

Driesen_67862100_2026.pdf
  • Open access
  • Adobe PDF
  • 2.25 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
La Querelle du coloris ayant agité le dix-septième siècle français s'est conclue par la victoire du camp coloriste mené par Roger de Piles, dont les idées seront considérées comme précurseures à la discipline esthétique du XVIIIe siècle. La recherche ne s'est toutefois que rarement penchée sur la dimension profondément genrée de ce conflit: comment est-il possible que le coloris féminin finisse par l'emporter face au dessin masculin? De quelle manière le fard, argument fondamental - pourtant également considéré comme féminin - employé par Piles dans son ouvrage, a-t-il permis la victoire de ses idées ? Cette étude veut, à l'aide des théories de genre actuelles, réexaminer les enjeux du conflit afin d'en obtenir une nouvelle compréhension. L'analyse portera aussi bien sur une analyse des arguments de Roger de Piles lui-même, que sur la dimension bien plus sociétale de la querelle. Ainsi, puisque le fard était un argument décisif du conflit, nous nous pencherons également sur la considération et l'emploi de ce dernier par la société nobiliaire et bourgeoise, ce qui nous amènera à nous intéresser aussi bien à des écrits d'époque - La Bruyère, Boileau, Philalète - qu'à des questions d'idéologie, de représentation et de masculinité. Le contexte particulier de la cour de Versailles et l'absolutisme de Louis XIV ont joué un rôle déterminant dans le reconsidération du fard et du coloris.