Fécondité et disparités régionales en Afrique de l'Ouest : une analyse comparative à partir des Enquêtes Démographiques et de Santé

(2026)

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Ce mémoire étudie l’influence des déterminants socio-économiques et spatiaux sur les disparités régionales de fécondité en Afrique de l’Ouest, à l’aide de régressions multivariées OLS, de modèles à erreur spatiale et de régressions géographiquement pondérées. Deux hypothèses guident l’analyse. Premièrement, la fécondité d’une région serait liée à celle des régions voisines, même après contrôle des caractéristiques socio-économiques. Deuxièmement, un isolement géographique plus marqué serait associé à une fécondité plus élevée. La première hypothèse est partiellement vérifiée : les analyses d’autocorrélation spatiale, les tests du multiplicateur de Lagrange et les modèles à erreur spatiale révèlent une dépendance spatiale significative, indiquant que les variations de fécondité ne sont pas réparties aléatoirement dans l’espace. Cette autocorrélation semble toutefois surtout résiduelle, reflétant probablement le manque de facteurs explicatifs eux-mêmes structurés spatialement, plutôt qu’une véritable interaction entre régions voisines. La seconde hypothèse n’est pas confirmée. Les modèles à erreur spatiale ne montrent pas de lien positif entre isolement géographique et fécondité : seule la part de femmes vivant en milieu rural est significative, mais avec un effet négatif ; le temps de trajet vers un centre urbain et la densité de population ne sont pas significatifs dans les modèles globaux (OLS et modèles à erreur spatiale). Les régressions géographiquement pondérées révèlent cependant une hétérogénéité spatiale : le temps de trajet est positivement lié à la fécondité dans certaines régions du Mali et du Nigéria, mais négativement en Guinée et en Sierra Leone ; la densité de population montre un effet positif, mais faible, dans plusieurs régions. Enfin, parmi les déterminants proches et éloignés, la proportion de femmes mariées est positivement associée à la fécondité, tandis que l’effet de la proportion de femmes utilisant une méthode de contraception moderne varie selon les territoires. La proportion de femmes ayant atteint un niveau d’instruction secondaire ou supérieur et la part de femmes issues d’un ménage aisé sont systématiquement liées à une fécondité plus faible. L’effet positif de la proportion de femmes musulmanes s’atténue une fois la part de femmes mariées prise en compte, suggérant un lien indirect via les caractéristiques matrimoniales des populations.