Participation des femmes dans les instances decisionnelles de la haute administration en République Démocratique du Congo
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- En RDC, les lois affirment pourtant clairement le principe de parité dans les institutions et l'administration. Mais dans les faits, les postes de l'État restent occupés en grande majorité par des hommes, surtout aux niveaux où se prennent les décisions. Ce mémoire part de ce décalage entre ce que dit la loi et ce qui se passe réellement, pour comprendre ce qui explique la sous-représentation des femmes dans les postes de direction de la haute administration congolaise. L'analyse s'appuie sur un cadre théorique à plusieurs niveaux, adapté du rapport de l'Institut pour l'Égalité des Femmes et des Hommes (Meier et al., 2006) et enrichi par les travaux de Norris, Lovenduski, Caul et Krook. Ce cadre distingue trois niveaux d'explication, le cadre institutionnel (macro), le fonctionnement des organisations (méso) et les décisions concrètes (micro), et s'organise autour de cinq hypothèses portant sur les normes culturelles, le fonctionnement interne des ministères, les processus de sélection, l'application réelle des lois, et les parcours professionnels. Ces hypothèses ont été confrontées au terrain à travers onze entretiens menés avec des cadres et responsables de l'administration congolaise. L'analyse confirme que cette sous-représentation ne vient pas d'une seule cause, mais de l'interaction de plusieurs mécanismes : des normes culturelles bien ancrées, la reproduction des mêmes élites via les réseaux, des critères informels dans les nominations, dont des pratiques de harcèlement, et un écart persistant entre un cadre légal ambitieux et son application réelle sur le terrain.