L’influence des inégalités de genre et des processus familiaux sur le patrimoine en Belgique

(2026)

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Ce mémoire examine dans quelle mesure les inégalités de genre et les processus familiaux influencent l’accumulation du patrimoine des ménages en Belgique. Mobilisant les données de la quatrième vague (20221) de l’enquête Household Finance and Consumption Survey (HFCS) pour la Belgique (N= 2 130 ménages), l’analyse combine une régression linéaire (moindres carrés ordinaires) et une régression quantile sur le patrimoine net (transformé par la fonction sinus hyperbolique inverse), estimées sous imputation multiple (M=5 implicats) et pondération d’enquête, afin de restituer à la fois l’effet moyen du genre et son hétérogénéité selon le niveau de richesse. Trois hypothèses structurent la recherche : les femmes, personnes de référence du ménage, détiennent moins de patrimoine que les hommes (H1); cet écart s’explique par les différences de revenus et de trajectoires professionnelles entre les sexes (H2) ; les processus familiaux, le statut matrimonial, la présence d’enfants et la transmission intergénérationnelle renforcent ces inégalités (H3). Les résultats confirment un écart brut de patrimoine considérable entre les hommes et femmes (+237 398 €, p < 0,001), qui s’atténue fortement une fois les caractéristiques socio-économiques et familiales contrôlées, indiquant un effet de composition plutôt qu’un effet direct du sexe. Le revenu du ménage constitue le déterminant le plus robuste du patrimoine à tous les niveaux de la distribution. Les processus familiaux modèrent significativement l’effet du genre, en particulier la conversion des héritages et donations en patrimoine mesurable, ainsi que le statut matrimonial et le mode d’acquisition du logement. Ce travail contribue à la littérature sur le genre du capital en apportant, à partir de données belges, une estimation économétrique convergente avec l’hypothèse d’une appropriation genrée des transferts familiaux au sein du couple.