Les effets des espaces verts sur la cognition : Impact sur l'orientation de l'attention et rôle de la couleur verte
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- Ce mémoire s'inscrit dans le champ de la psychologie environnementale et de la neuropsychologie cognitive, à l'intersection de deux traditions théoriques : l'Attention Restoration Theory (Kaplan, 1995), qui postule que les environnements naturels restaurent l'attention dirigée par une capture attentionnelle ascendante et sans effort, et la Color-in-Context Theory (Elliot & Maier, 2012), qui prédit un effet automatique de la couleur sur la cognition, indépendant du contenu sémantique auquel elle est associée. Une étude princeps a établi, au moyen d'un paradigme dot-probe, l'existence d'un biais attentionnel spontané pour la nature (Joye et al. 2013), sans pouvoir déterminer si ce biais relève du contenu de la scène et/ou de sa composante chromatique. Ce mémoire cherche à répondre à cette question : le biais attentionnel pour la nature s'explique-t-il par le contenu sémantique d'une scène, par sa couleur verte, ou par les deux conjointement ? Trente participants ont réalisé une tâche dot-probe confrontant des paires d'images nature/urbain, déclinées en quatre conditions chromatiques (brute, filtre vert, filtre mauve, noir/blanc), selon un plan factoriel intra-sujet à deux facteurs (Congruence × Filtre). Les temps de réaction et la précision des réponses ont été analysés au moyen d'ANOVA à mesures répétées, complétées par une analyse exploratoire corrélant le biais attentionnel aux données d'un questionnaire sur les habitudes envers la nature. Les résultats confirment l'existence d'un biais attentionnel spontané et robuste pour les scènes naturelles, d'une ampleur comparable à celle rapportée pour des stimuli de menace dans la littérature sur les biais attentionnels (Bar-Haim et al., 2007). Ce biais ne varie cependant pas significativement selon la condition de filtre chromatique, et persiste même en l'absence totale de couleur, orientant la lecture théorique vers l'Attention Restoration Theory plutôt que vers un mécanisme purement chromatique. Le biais attentionnel ne présente pas d’association significative avec les variables d’un questionnaire portant sur la relation avec la nature. Ce résultat a été interprété à la lumière du caractère automatique du biais et des limites psychométriques connues du paradigme dot-probe (Schmukle, 2005 ; Xu et al., 2024). Les recherches futures gagneraient à répliquer ce protocole sur un échantillon plus large, en mobilisant une échelle standardisée de connexion à la nature.