Les partenariats intersectoriels entre l’économie sociale et les entreprises privées

(2026)

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L’économie sociale connait une forte pression financière depuis que le gouvernement mis en place en 2025 ait décidé de réduire les subsides publics. Face à ces coupures budgétaires, les associations sans but lucratif (ASBL) sont contraintes de diversifier leur mode de financement. Beaucoup se tournent alors vers le secteur privé. En parallèle, les entreprises privées s’intéressent progressivement aux questions sociales et environnementales à la suite des attentes sociales, des actionnaires, clients et employés. La responsabilité sociale des entreprises (RSE) est donc pour ces organisations privées un argument de rétention des talents ou encore de légitimation des activités économiques. Ce mémoire a pour but d’étudier ce rapprochement intersectoriel entre les organisations de l’économie sociale et les entreprises capitalistes. Le travail s’articule autour d’une question de recherche : « Dans quelle mesure le partenariat intersectoriel entre l’économie sociale et une entreprise capitaliste permet-il de concilier un impact social et les objectifs RSE de l’entreprise, dans une perspective intégrative ? ». La méthodologie de ce mémoire s’est principalement articulée autour de données qualitatives. Pour les récolter, un stage a été réalisé au sein d’une multinationale, Boostering (nom d’emprunt pour anonymiser l’entreprise) dans le département Corporate Citizenship. La mission principale a été d’organiser la Season of Impact, un événement annuel de l’entreprise qui a pour but de mobiliser ses travailleurs pour des actions de volontariat et une campagne de sensibilisation aux enjeux sociaux et environnementaux. En parallèle de cette observation participante, cinq entretiens semi-directifs ont été menés avec des acteurs d’économie sociale. L’échantillon d’associations est de trois partenaires de Boostering (RiverClean Up, Les Petits Riens et Sport2Be) et deux ASBL qui sont détachées du cadre du stage (ToolBox et Oxfam BE). L’analyse démontre qu’une conciliation est possible entre l’impact social et les objectifs RSE d’une entreprise (rétention des talents, bien-être au travail, image). Toutefois, ce processus connait des limites et tensions. De fait, un rapport de force peut vite se montrer avec une situation de donateur-financé. Les organisations sociales font alors face à un danger d’isomorphisme institutionnel, c’est-à-dire qu’elles vont adopter les codes du secteur privé et se plier aux exigences des entreprises privées. Aussi, certaines entreprises peuvent s’allier pour pratiquer un socialwashing (bien se faire voir sur le marché). Par ailleurs, la mise en place d’un partenariat peut être un processus long et couteux en termes de ressources. En effet, cela demande une certaine charge administrative caché (par exemple, le remplissage des dossiers et des rapports parfois dans une autre langue). Ces couts vont réduire le budget alloué pour l’impact social car il nécessite un personnel en charge. Ensuite, l’évaluation de l’impact est rarement faite de manière commune. Les entreprises se focalisent davantage sur des données quantitatives (nombres de bénévoles, heures de volontariat, etc.) dans le but de communiquer. A l’opposé, les ASBL mesurent la dimension qualitative et opérationnels du terrain. En termes de recommandations, pour optimiser le partenariat intersectoriel, il est important pour l’entreprise d’avoir un engagement durable et ceci avec une bonne compréhension des enjeux et de la mission sociale. Il est aussi important d’innover les activités (les rendre ludiques et attirantes) pour attirer de nouveaux bénévoles et ainsi les fidéliser. Ensuite, l’évaluation devrait être commune et co-construite. Enfin, concernant la communication idéale, elle est transparente et centralisée via un canal. Ceci pour réduire des charges administratives supplémentaires et ainsi cultiver une relation basée sur l’authenticité.