Être femme racisée et leader dans le secteur associatif: expériences vécues et dynamiques organisationnelles

(2026)

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Abstract
Ce mémoire a pour but d’étudier le vécu des femmes racisées, en particulier des femmes noires et/ou maghrébines, occupant des postes de leadership dans le secteur associatif belge francophone, en abordant des concepts liés au genre, à la race et à l'adéquation perçue avec l'environnement de travail. La littérature fait le tour de ces enjeux en s'intéressant aux organisations genrées, aux organisations racisées, à l'intersectionnalité entre genre et race, ainsi qu'au modèle du person-environment fit. Les théories des organisations genrées d'Acker (1990) et des organisations racisées de Ray (2019), le cadre intersectionnel de Crenshaw (1991) ainsi que le modèle du person-environment fit d'Andela et al. (2019) sont intégrés dans notre littérature. Nous avions comme question de recherche : « Comment les femmes racisées occupant des postes de leadership dans le secteur associatif perçoivent-elles et vivent elles le caractère genré et racisé de leurs organisations, ainsi que leur adéquation avec leur environnement de travail ? ». Pour y répondre, nous avons interviewé neuf femmes racisées leaders issues de différentes associations au travers d'entretiens semi-directifs. Nous avons analysé nos données grâce à l'analyse thématique (Braun & Clarke, 2006). Nos résultats mettent en avant trois points. Premièrement, il apparaît que le secteur associatif, malgré les valeurs d'égalité et d'inclusion dont il se revendique, reproduit des hiérarchies genrées et racisées, à travers une direction demeurée majoritairement masculine et blanche et un discours de diversité souvent performatif plutôt que suivi de mesures concrètes. Deuxièmement, l'analyse au regard du person-environment fit révèle un paradoxe central : un sentiment d'adéquation individuelle globalement élevé coexiste chez la majorité de nos participantes avec une forme d'exclusion structurelle liée au fonctionnement genré et racisé de leurs organisations. Enfin, concernant les stratégies déployées face à ces dynamiques, nous retenons que les participantes recourent à l'évitement, à l'affirmation de soi, à la mobilisation de savoirs et à des réseaux de soutien, des stratégies qui demeurent essentiellement individuelles plutôt que collectives ou institutionnelles.