La charge cognitive modère t-elle les difficultés cognitives chez les patients atteints de troubles vestibulaires ?

(2026)

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Marcher tout en discutant, réfléchir tout en se déplaçant ou encore porter son attention sur son environnement sont des situations courantes qui semblent, au premier abord, relativement simples. Pourtant, elles nécessitent de mobiliser simultanément des ressources cognitives et motrices. Chez les personnes présentant un trouble vestibulaire, pour lesquelles le maintien de l’équilibre et le contrôle postural peuvent déjà représenter une contrainte supplémentaire, cette gestion simultanée pourrait devenir plus complexe. Si les troubles vestibulaires sont principalement associés aux vertiges, aux étourdissements et à l’instabilité posturale, leurs répercussions peuvent également concerner le fonctionnement cognitif. Les patients rapportent notamment des difficultés attentionnelles ou une plus grande difficulté à gérer plusieurs activités simultanément. Ces difficultés ne sont toutefois pas toujours retrouvées lors des évaluations neuropsychologiques classiques. Dès lors, pourraient-elles devenir davantage visibles lorsque la cognition est sollicitée en même temps que la locomotion ? C’est autour de cette question que s’est construit ce mémoire. Des patients présentant un trouble vestibulaire et des participants contrôles appariés sur l’âge et le sexe ont réalisé différentes épreuves attentionnelles de la Test of Attentional Performance (TAP), ainsi qu’un Timed Up and Go (TUG) dans plusieurs conditions. Une condition de double tâche associait notamment le déplacement à un décompte oral à rebours, afin d’augmenter la demande cognitive au cours de la marche. Les performances locomotrices ont également été enregistrées afin de poursuivre l’évaluation d’OpenTUG, basé sur l’algorithme OpenPifPaf, en comparant les mesures obtenues automatiquement à celles issues d’un encodage manuel. Les résultats apportent une réponse nuancée à la question initiale. Les patients vestibulaires ne se distinguent pas significativement des participants contrôles lors de l’évaluation classique de l’attention divisée. En revanche, lorsque la marche est associée à une tâche cognitive, leur nombre de pas et leur temps d’exécution augmentent significativement par rapport à la marche à vitesse normale. Chez les participants contrôles, seul le temps d’exécution augmente significativement. La comparaison directe entre les deux groupes ne permet toutefois pas de conclure que le coût de cette double tâche est significativement plus important chez les patients vestibulaires. Parallèlement, l’analyse automatisée du mouvement montre une correspondance variable avec l’encodage manuel selon les conditions du TUG, les divergences devenant notamment plus importantes lorsque la marche est associée à une tâche cognitive. Ce travail invite ainsi à envisager les difficultés associées aux troubles vestibulaires au-delà d’une évaluation isolée des fonctions cognitives ou locomotrices. Sans permettre de conclure à un coût de double tâche spécifiquement supérieur chez les patients, les résultats soulignent l’intérêt de poursuivre l’étude de situations dans lesquelles cognition et locomotion sont sollicitées conjointement, plus proches des contraintes auxquelles les patients peuvent être confrontés dans leur quotidien.