Réceptivité à la prescription sociale chez les personnes esseulées : une étude exploratoire en contexte belge

(2026)

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Alors que la solitude constitue un enjeu de santé publique (WHO, 2025a) et un phénomène contagieux au sein des réseaux sociaux (J. T. Cacioppo et al., 2009), il devient impératif d'identifier des interventions efficaces pour y répondre. En l'absence de recommandations formalisées pour la prise en charge de la solitude en Belgique, le présent mémoire a pour objectif d'explorer la réceptivité des personnes esseulées à la prescription sociale, afin de mieux cibler la population concernée par cette intervention en contexte belge francophone. Deux hypothèses ont été formulées : la première postule que la réceptivité à la prescription sociale est indépendante de l'état de santé et du niveau de bien-être des personnes esseulées au premier temps de mesure ; la seconde stipule que cette réceptivité évolue entre les deux temps de mesure et que sa relation avec l'état de santé et le bien-être pourrait se modifier au second temps. Dans le cadre d'une étude corrélationnelle avec suivi longitudinal sur deux semaines d'intervalle, 69 personnes esseulées ont été interrogées via des questionnaires portant sur leur sentiment de solitude, leur état de santé, leur bien-être mémorisé, leur sens de la vie et leur réceptivité à la prescription sociale. Les analyses quantitatives révèlent une absence de relation significative entre les construits évalués et la réceptivité à la prescription sociale, à l'exception de la dimension de recherche du sens de la vie, significativement liée à cette réceptivité aux deux temps de mesure. L'analyse thématique exploratoire des données qualitatives permet de contextualiser ces résultats et met en évidence le rôle central de la peur sociale chez les personnes esseulées comme frein à la prescription sociale. Ces résultats, à notre connaissance, constituent les premiers éléments empiriques sur la réceptivité à la prescription sociale chez les personnes esseulées en Belgique et offrent des pistes pour les implications cliniques en psychologie de la santé et en santé publique, ainsi que pour de futures recherches.