Considérer la nature émotionnelle de l'éducation au développement durable : une recherche quasi-expérimentale

(2025)

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Le réchauffement climatique constitue l’un des plus grands défis de notre époque, et sa nature anthropique n’est plus à démontrer (GIEC, 2023). Dans ce contexte, de nombreuses conséquences environnementales, sociales et économiques surviennent et touchent tous les territoires à des degrés différents (Goujon & Magnan, 2018). Les effets se font d’ailleurs déjà ressentir et accentuent les déséquilibres écologiques (GIEC, 2023). Pour répondre à l’urgence de la menace environnementale, l’éducation pourrait jouer un rôle dans l’adoption de comportements plus respectueux de l’environnement (De Leeuw et al., 2015; Verlie & Flynn, 2022). En outre, la recherche en éducation s’intéresse aux effets des interventions pédagogiques sur les questions environnementales en classe (Barroca-Paccard, 2021; Hoover, 2021; Olsson et al., 2022). La littérature met en exergue la dimension émotionnelle particulièrement forte que les élèves éprouvent lorsqu'ils sont confrontés aux enjeux climatiques (Voşki et al., 2023). Toutefois, la recherche n’en est qu’à ses prémices et présente encore certaines limites. Ce mémoire poursuit plusieurs objectifs. Tout d’abord, nous souhaitons comprendre quels sont les leviers favorisant l’adoption de comportements pro-environnementaux. Nous cherchons ensuite à comprendre si une intervention en matière de développement durable selon les prérogatives du modèle « Holisme, Pluralisme, Action » (Sinakou et al., 2019) peut avoir un effet sur l’adoption de comportements pro-environnementaux (Larson et al., 2015). Enfin, nous avons souhaité étudier les éco-émotions et déterminer si le soutien socio-émotionnel pouvait avoir un effet sur ces dernières. Pour mettre en place cette recherche, nous avons réalisé une étude quasi-expérimentale comportant trois mesures quantitatives longitudinales, complétée par une phase qualitative, selon la méthode séquentielle explicative. Nos principaux résultats montrent que l’intervention pourrait avoir un lien avec certaines catégories de comportements pro-environnementaux, mais que ses effets sont limités. Les focus groups ont permis de souligner que la sphère familiale et culturelle des adolescents peut soit constituer un atout dans le développement de comportements pro-environnementaux, soit faire obstacle à ce développement. Enfin, les différentes variables mesurées, à savoir les éco-émotions, les compétences à l’action et les valeurs, pourraient permettre de comprendre l’adoption de comportements pro-environnementaux dans certains cas. Il s'agit ici d'une piste de réflexion qui reste ouverte pour la suite et appelle à de nouvelles investigations.