Le rôle du temps de qualité partagé dans le lien entre empathie et satisfaction conjugale

(2026)

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Ce mémoire de recherche quantitative étudie le lien entre l'empathie, le temps de qualité partagé et la satisfaction conjugale au sein des couples hétérosexuels. En s'appuyant sur la littérature scientifique, plusieurs objectifs sont poursuivis. Nous examinons d'abord si les deux facettes de l'empathie, la prise de perspective, qui est sa dimension cognitive, et la préoccupation empathique, qui en est la dimension affective, sont associées à la satisfaction conjugale de chacun des partenaires. Nous cherchons ensuite à savoir si ce lien s'explique par le temps de qualité partagé, envisagé non pas comme une quantité d'heures mais comme la répartition de ce temps entre huit types de moments communs, tels que l'affection, les loisirs ou la parentalité. Nous examinons également une mesure comportementale de la prise de perspective, la difficulté à se détacher de son propre point de vue pour adopter celui d'autrui, afin de la comparer aux mesures par questionnaire. Nous testons enfin un modèle alternatif dans lequel les rôles sont permutés, le temps partagé n'étant plus le mécanisme par lequel l'empathie agit, mais ce qui pourrait nourrir l'empathie. Les données ont été récoltées auprès de 103 couples adultes (N = 206) en relation, selon un devis transversal. Chaque partenaire a complété les instruments suivants : (1) la DAS-16, mesurant la satisfaction conjugale ; (2) l'IRIC, une mesure auto-rapportée de la prise de perspective et de la préoccupation empathique ; (3) la VPT, évaluant le biais égocentrique via une tâche visuo-spatiale et (4) une mesure de la répartition du temps de qualité entre huit composantes. Les médiations ont été testées à l'aide de la macro PROCESS. Les résultats indiquent que la prise de perspective et la préoccupation empathique sont positivement et robustement associées à la satisfaction conjugale, en cohérence avec la méta-analyse de Cahill et al. (2020), ce lien s'avère toutefois direct, et non médié par le temps de qualité. En revanche, un modèle interverti se dégage, la part de temps consacrée à l'affection est associée à une préoccupation empathique plus élevée, elle-même liée à une meilleure satisfaction, chez la personne comme chez son partenaire. Le biais égocentrique, quant à lui, n'entretient aucun lien avec les variables étudiées. Ces résultats invitent à recourir à des études longitudinales et expérimentales afin d'établir le sens des relations observées, et à répliquer le modèle interverti au moyen de méthodes d'analyses dyadiques plus rigoureuses.