L’héboïdophrénie à l’épreuve de la responsabilité pénale : crime dit immotivé, monstruosité et limites médico-légales. Étude de cas : l’affaire Matthieu Moulinas

(2026)

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Depuis plus de deux siècles, certaines formes de criminalité, telles que le crime dit « monstrueux et immotivé », soulèvent des difficultés de qualification dans l’espace médico-légal. L’héboïdophrénie, envisagée comme une nosographie historique illustrant cette zone d’incertitude expertale, permet d’interroger les limites d’un système pénal historiquement fondé sur l’opposition entre responsabilité et irresponsabilité, puis progressivement nuancé par la prise en compte de l’altération du discernement. Ces incertitudes médico-légales s’accompagnent également d’enjeux de dangerosité et d’étiquetage : lorsqu’un acte est perçu comme incompréhensible, la qualification de son auteur comme malade, dangereux ou monstrueux contribue à orienter tant les représentations sociales que les réponses pénales et psychiatriques. Afin d’illustrer ces développements théoriques, l’affaire Matthieu Moulinas fera l’objet d’une étude de cas. Les évaluations psychiatriques et psychologiques intervenues dans cette affaire font apparaître des lectures divergentes de la personnalité et de la dangerosité de l’intéressé, révélatrices des difficultés de qualification médico-légale.