Once Upon A Time... in Chinawood : la reconfiguration du régime narratif chinois à l'épreuve de la socialisation sino-hollywoodienne
Files
BROCHET_26272300_2025.pdf
Open access - Adobe PDF
- 21.87 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Once Upon A Time in CHollywood constitue une référence, presque mimétique, au film Once Upon A Time in Hollywood (2019), réalisé par l’emblématique Quentin Tarantino. L’intitulation d’une œuvre, même universitaire, ne saurait être anodine : une telle inspiration se justifie par la posture adoptée par le réalisateur lors d’une négociation portant sur la distribution du film en Chine. The Hollywood Reporter a effectivement révélé qu'une semaine avant la sortie annoncée, les régulateurs chinois auraient conditionné sa diffusion à des modifications, en critiquant nébuleusement la caricature dressée du personnage de Bruce Lee tout en soulignant l’excès de violence au sein de l'œuvre. Fidèle à ses principes artistiques, Quentin Tarantino s’est refusé à tout dévoiement du film, annonçant que le portrait reflète essentiellement la perception qu’il nourrissait de l’acteur. In fine, en dépit d’une popularité occidentale, le film n’atteindra pas les salles chinoises, entraînant une perte économique considérable pour le studio Sony Pictures Entertainment. Aussi négligeable qu’elle semble, cette anecdote décèle en filigrane un rapport de force systématique structurant les étapes de production des films hollywoodiens, et impliquant autant la direction cinématographique que certains acteurs étrangers, en l'occurrence chinois. Si la notoriété artistique, dont bénéficie Quentin Tarantino, lui assure une relative immunité, toutes les directions cinématographiques n’en jouissent pas nécessairement. Nombre d’entre elles sont davantage orientées sur une rationalité économique, acceptant les exigences du marché chinois au détriment d’une liberté de création bâillonnée. Or, depuis 2021, le marché du cinéma chinois est devenu le plus lucratif au monde, suggérant une intensification du dilemme. Cette sinisation de Hollywood, bien que nouvellement médiatisée à travers l’exemple du documentaire Arte “Hollywood sous influence chinoise”, demeure encore modestement caractérisée. Le présent mémoire en propose une nouvelle conceptualisation à l'aune des théories post-structuraliste et constructiviste afin de déterminer en quoi la sinisation de Hollywood contribue finalement au régime narratif chinois.