LOBBYING ET REPRESENTATIVITE FEMININS AU SEIN DE L’ADMINISTRATION PUBLIQUE CAMEROUNAISE : CAS DE LA DIPLOMATIE ET DE L’ARMEE

(2026)

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Cette étude part du constat de la faible représentativité des femmes de l’Administration publique camerounaise (APC) au sein des instances de prise de décisions stratégiques. Les statistiques de positionnement des femmes dans la diplomatie et l’armée, administrations de souveraineté, en 2025, révèle un Gender gap considérable : seulement 8.5% de femmes occupent le poste d’ambassadeur et 0% de femme au grade prestigieux de Général d’armée et ce, depuis 1960. Le rapport sur le développement humain 2025 vient conforter cette tendance de la minorisation systémique de la femme, en indiquant de l’ordre de 0,560 l’Indice d’Inégalité du Genre pour le Cameroun et, le classant au rang mondial de 141e sur 162 pays. Aussi, arborant le Gender incurious de Cynthia ENLOE, cette étude a nourri l’ambition de s’incruster dans les milieux de pouvoir hyper masculinisés que sont la diplomatie et l’armée, certes administrations de prestige, mais pourtant régies par des codes stricts tels le devoir de réserve, le respect sacré de la hiérarchie, donc difficile d’accès. Cette ambition nourrie a toutefois permis de sonder le poids des jeux d’influence féminine et de révéler leur capacité à infléchir les décisions des pouvoirs publics, aux fins d’améliorer la représentativité de la femme aux postes de top management. Pour parvenir à l’examen de ces jeux et/ou trajectoires de mobilisation, la démarche a nécessité, au préalable, la maîtrise du contexte politique ambiant, plus précisément, la connaissance des dynamiques institutionnelles et sociales qui justifieraient leurs activation et mise en mouvement. Ainsi s’est-il agi de s’approprier l’ancrage conventionnel, constitutionnel, législatif, organique et toutes autres mesures, dispositions et promesses électorales favorables à l’ascension professionnelle des femmes. De même, il a fallu interroger la culture administrative commune à ces corps ; une culture singulière dûment façonnée dans une boite noire qui forgent les décisions devant présider à la destinée de la gent féminine. Au cours de cette inspection rétrospective, l’héritage colonial s’est vu exhumer, laissant apparaître son impact dans les dérives du patriarcat, dans la sublimation et la hiérarchisation de la notion d’ethnie mais aussi dans l’enracinement des représentations cognitives et sociales nourrissant l’imaginaire collectif. Ces variables multiples auraient, par conséquent, favorisé l’instauration d’un environnement propice à l’éclosion des actions de lobbying ; des actions dont la compréhension des potentiels enjeux et contraintes multiples impose un certain détachement, pour privilégier une lecture minutieuse et objective du terrain. Le féminisme d’Etat, le lobbying formel et les pratiques individuelles sont tour à tour examinés et en termes de perspectives, le triangle d’Allison WOODWARD est convoqué pour appuyer l’approche du féminisme réformiste.