Dispositifs de prévention, de détection et d’accompagnement du traumatisme développemental chez les enfants et les jeunes dans les structures de première ligne en Fédération Wallonie-Bruxelles

(2026)

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Le traumatisme développemental désigne les effets possibles d’expositions précoces, répétées et interpersonnelles à des expériences de maltraitance, de négligence, d’abandon, de violence ou d’insécurité relationnelle. Chez l’enfant et le jeune, elles peuvent affecter les dimensions émotionnelles, relationnelles, cognitives, corporelles et identitaires du développement. En Fédération Wallonie-Bruxelles, ce phénomène demeure difficile à mesurer directement. Les données sur la maltraitance infantile, les situations préoccupantes et les expériences adverses de l’enfance n’en constituent pas une mesure, mais renseignent sur certaines expositions susceptibles d’y contribuer. Réalisé dans le cadre d’un projet de la Fondation Roi Baudouin, ce mémoire s’inscrit parallèlement à celui de Juvénal Cirhuza Nnashi dans une recherche portant sur les traumatismes de l’enfance en première ligne, selon deux angles distincts. Son travail est centré sur les expériences et les besoins des professionnels de première ligne. Le présent mémoire examine, quant à lui, les dispositifs de prévention, de détection et d’accompagnement mobilisés au sein des structures de première ligne. L’enquête réalisée pour ce mémoire repose sur vingt entretiens semi-directifs menés auprès de professionnels issus de dix types de structures sanitaires, sociales, éducatives et d’aide à l’enfance. Les résultats montrent que la notion de « traumatisme développemental » est rarement nommée comme telle par les professionnels de première ligne, qui mobilisent toutefois des termes et des notions proches pour décrire les réalités rencontrées. Ils évoquent notamment des difficultés de régulation émotionnelle, des manifestations relationnelles ou somatiques, des troubles de l’attachement et une souffrance psychique. Les dispositifs identifiés ne sont généralement pas spécifiques au traumatisme développemental, mais permettent d’accueillir la souffrance de l’enfant, de repérer des vulnérabilités, de soutenir les familles et d’organiser les relais. Ils reposent sur l’observation clinique, les outils de première ligne, le travail en équipe, les médiations relationnelles et la mobilisation du réseau. La discussion souligne l’intérêt de renforcer une culture commune du traumatisme développemental, fondée sur des repères partagés et une compréhension contextualisée des difficultés de l’enfant. Les perspectives portent sur la formation, la supervision et le soutien aux professionnels, la coordination et la continuité entre les acteurs, ainsi que sur des conditions institutionnelles favorisant une prévention plus précoce, proactive et non stigmatisante.