L'émergence des rapports de pouvoir et la construction des discours qui participent à la perpétuation de l'accaparement des terres dans les départements du Ndian et du Koupé-Manengouba au Sud-Ouest du Cameroun.
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- À travers cette recherche de terrain j’ai pour ambition de comprendre comment les familles dépossédées de la région du Sud-Ouest au Cameroun, celles qui occupaient les terres des palmeraies du Koupé-Manengouba et du Ndian tentent de se reconstruire dans des configurations territoriales nouvelles (fortes concentrations des populations dans une partie du département, hétérogénéisation des espaces de vie, conflits agriculteurs et pasteurs, tensions claniques,…), leurs imaginaires, les fonctions de reproduction socioculturelles, démographiques), ainsi que les fonctions de production économiques (agropastorales et artisanales essentiellement). Cette ambition entraine de nombreux défis. Ils sont à la fois méthodologiques, idéologiques et éthiques en ayant une vraie incidence sur les observations de terrain. Sur le plan méthodologique, je me suis rendue compte que derrière la volonté de faire de l’inductif, il y a parfois la facilité, ou la naïveté de se limiter au fait ne pas avancer des hypothèses de départ. Mais l’induction va sans doute au-delà de cette posture, car avoir un point de vue de départ est en soi déjà contre inductif. Dans un deuxième temps, il ne faut pas négliger le contexte de la recherche. Le mien est un contexte de crise politique, mais aussi de crise sociale et économique. Dans un troisième temps, une fois de retour du terrain on est souvent confronté à une sorte de dilemme entre la restitution fidèle des résultats de la recherche et le sentiment de protection des enquêtés rencontrés sur le terrain avec qui on a tissé de bons rapports, allant au-delà de notre posture de départ : c’est-à-dire de chercheur sur le terrain. Alors la recherche est fortement influencée par celui-ci et la pertinence des intuitions de départ cède la priorité par exemple par la nécessité à accéder à la parole des enquêtés. Alors, bien plus qu’une recherche sur l’accaparent des terres, voici désormais, portée par l’induction et l’analyse des discours qui émergent du terrain, la mise en lumière de la difficulté de travailler en terrain sensible, sur des sujets sensibles, par des [jeunes] chercheurs d’une part, et d’autre part, la remise en question de la portée de la signification de l’accaparement des terres du côté des enquêtés, dans leurs casquettes diverses, en tant que paysans, citoyens militants, autorités administratives, ou chefs traditionnels et leurs représentants.