Les représentations des violences faites aux femmes dans la presse écrite belge francophone. Analyse de contenu quantitative des années 2004, 2007, 2010, 2018 et 2019.

(2021)

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En 2018, une recherche menée dans le cadre de l’assemblée participative pour les Droits des femmes (Alter Égales) et pilotée par l’Association des journalistes professionnels montre que les journaux diffusés en Belgique francophone en 2017 offrent une médiatisation paradoxale : beaucoup d’articles sont publiés, mais ce sont des faits divers peu explicatifs, les femmes sont invisibilisées et subissent une double victimisation, les faits extraordinaires cachent une violence plus ordinaire et l’expertise des associations de femmes est peu sollicitée au profit des sources traditionnelles des médias (police, justice, politique) pourtant réputées peu expertes en question de genre. Cette recherche confirme celles portant sur d’autres pays . Etant donné que peu de données existent sur la médiatisation des violences, il est apparu qu’il serait urgent de continuer la recherche. Il est également important d’élargir le corpus afin de consolider les résultats de la première recherche. En effet, pour des contraintes de moyens, elle n’a pu porter que sur 12 jours. S’il apparaît que cet échantillon répond aux standards de la recherche sur les médias , la portée des résultats paraît cependant limitée. Enfin, il est également intéressant d’explorer la presse en diachronie afin de vérifier si la couverture médiatique s’est modifiée récemment. En effet, l’affaire Weinstein est survenue en 2017 et elle semble avoir un impact (notamment quantitatif) sur les derniers jours du corpus de la première recherche. Nous faisons notamment l’hypothèse que le nombre d’articles augmente au fil des années et particulièrement après #Metoo, que le nombre d’articles d’analyse est multiplié et que les explications systémiques sont plus fréquentes. Ce mémoire participe à cette recherche. Sur base d’une grille identique à celle utilisée mais améliorée, une nouvelle analyse de contenu sera effectuée sur 5 nouvelles années : trois années sélectionnées au hasard avant 2017 (depuis les années 2000) et les deux années consécutives (2018 et 2019). L’équipe de codeuses procèdera au codage du corpus sous la direction de Sarah Sepulchre et Anne Fromont. L’objectif du mémoire est de rédiger un rapport de recherche afin de préparer une intervention à un colloque. Il complète les données qui n’ont pas pu être totalement codée en 2019-2020 à cause de la pandémie.