Le rôle contributif du médecin du travail dans la reconversion professionnelle du travailleur déclaré définitivement inapte en Belgique: constats, perceptions et perspectives
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LE ROLE CONTRIBUTIF DU MEDECIN DU TRAVAIL DANS LA REORIENTATION PROFESSIONNELLE DU TRAVAILLEUR DEFINITIVEMENT INAPTE. CONSTATS, PERCEPTIONS ET PERSPECTIVES.pdf
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- RESUMÉ Introduction : La reconversion professionnelle des travailleurs déclarés définitivement inaptes constitue un enjeu majeur de santé publique et de maintien dans l’emploi. En Belgique, le médecin du travail est habilité à prononcer l’inaptitude définitive, mais il n’a aucun rôle institutionnel dans la réorientation professionnelle. Objectifs : Étudier le rôle contributif que le médecin du travail belge pourrait jouer dans la reconversion professionnelle des travailleurs déclarés définitivement inaptes, ainsi que les freins et besoins associés à cette mission. Méthodes : Une étude descriptive, observationnelle et transversale a été menée en 2025 au moyen d’un questionnaire auto-administré en ligne diffusé entre le 5 novembre 2025 et le 5 janvier 2026 auprès de médecins du travail exerçant en services externes de prévention et de protection au travail en Belgique, francophones et néerlandophones. Le questionnaire, développé spécifiquement pour cette étude, a été préalablement testé auprès de médecins du travail expérimentés afin de vérifier la clarté et la pertinence. Il comportait des questions fermées, analysées par statistique descriptives, ainsi que des questions ouvertes, analysées selon une approche thématique qualitative. Certaines questions ont été comparées entre les groupes francophones et néerlandophones afin d’explorer d’éventuelles différences dans la perception du rôle contributif du médecin du travail ainsi que dans l’utilité des informations relatives aux organismes de reconversion professionnelle. Résultats : Au total, 176 questionnaires complets ont été analysés, correspondant à un taux de réponses de 55,7 %. Les résultats montrent que, bien que la contribution à la reconversion ne relève pas formellement de leur mission institutionnelle, la majorité des médecins du travail se perçoit comme un acteur contributif dans l’évaluation des capacités résiduelles, le soutien psychologique et l’orientation professionnelle des travailleurs déclarés définitivement inaptes. Les principaux freins identifiés sont le manque de temps, l’insuffisance de collaboration interprofessionnelle, le déficit de formation spécifique et l’absence de ressources structurées. La meilleure connaissance des dispositifs de reconversion existants ainsi que la mise à disposition de supports d’accompagnement apparaissent comme des leviers facilitant l’implication du médecin du travail dans ces situations. Par ailleurs, la comparaison entre médecins francophones et néerlandophones montre que les médecins néerlandophones se tiennent moins strictement au cadre légal et accordent davantage d’importance à la connaissance pratique des dispositifs de reconversion, tandis que les francophones tendent à suivre plus strictement la loi. Conclusions : Les résultats suggèrent que le médecin du travail belge pourrait jouer un rôle contributif dans la reconversion professionnelle des travailleurs déclarés définitivement inaptes. Son intervention pourrait dépasser la seule évaluation de l’aptitude pour intégrer l’analyse des capacités résiduelles, l’orientation vers une reconversion professionnelle et le soutien psychologique. La mise en place d’un cadre institutionnel plus clair, le renforcement de la coordination interprofessionnelle et le développement de supports adaptés apparaissent nécessaires pour soutenir des trajectoires de reconversion cohérentes et durables. Cette étude constitue le premier travail belge documentant les perceptions et pratiques des médecins du travail dans ce domaine et offre des perspectives pour l’évolution des pratiques et de la collaboration interprofessionnelle.