Variabilité du Courant Circumpolaire Antarctique au cours des dernières décennies : évolution de la position des fronts et du transport.
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- L’intensification et le déplacement polaire des vents d’ouest observés ces dernières décennies suggèrent, par la dynamique géostrophique, une accélération du Courant Circumpolaire Antarctique (ACC). Pourtant, les observations indiquent un transport stable au passage de Drake, ce qui a longtemps nourri le paradoxe entre forçage atmosphérique renforcé et circulation peu modifiée. Ce mémoire examine la cohérence entre cette stabilité apparente et la variabilité interne de la structure frontale de l’ACC, en testant si les signaux de de hauteur de surface océanique observés par satellite sont reproduits par un modèle océanique global et en évaluant la pertinence d’un proxy de surface pour décrire le transport. Deux jeux de données sont comparés : un produit altimétrique de topographie dynamique de surface (2002–2018) et la simulation du modèle NEMO à 1/4° (1991–2023). Les trois fronts principaux (SAF, PF, SACCF) sont identifiés par contours fixes de hauteur de surface (SSH) selon la méthode de Park et al. (2019). La variabilité est analysée à l’échelle circumpolaire et dans sept zones régionales contrastées. Au passage de Drake, le gradient méridien de SSH entre les bords nord et sud est confronté au transport volumique simulé par NEMO. L’état moyen de l’ACC est correctement reproduit par NEMO, avec des trajectoires compatibles avec la littérature. La variabilité s’organise selon un schéma topographique cohérent entre observations et modèle : forte et corrélée dans les zones libres de contrainte topographique (r = 0,65–0,94), faible et peu corrélée dans les zones contraintes (Drake, Campbell, Kerguelen). Aucune tendance circumpolaire robuste n’est détectée, mais les deux jeux montrent une migration vers le nord jusque vers 2012, suivie d’un retour vers le sud. Le transport simulé reste stable (140,1 Sv), tandis que le gradient méridien de SSH n’explique que 19 % de sa variance interannuelle. La composante barotrope dominante reste invisible depuis la surface.