Impacts de la diminution des ressources nutritives et hydriques sur la physiologie et le comportement de deux espèces de papillons aux profils écologiques différents

(2026)

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Avec le réchauffement climatique, les périodes de sécheresse seront plus fréquentes et plus intenses, réduisant la quantité et la qualité des ressources disponibles pour les insectes. Cette diminution des ressources nutritives et hydriques va impacter le stade adulte des papillons, mais le degré d’impact varie selon les espèces. Les deux espèces étudiées sont proches phylogénétiquement mais ont des profils écologiques différents : "Pararge aegeria" est associée à des milieux fermés et humides, tandis que "Lasiommata maera" est typique des milieux ouverts et secs. Pour étudier l’effet d’une diminution des ressources, trois traitements (contrôle, « stress intermédiaire » et « stress extrême ») ont été appliqués, et plusieurs traits physiologiques et comportementaux ont été analysés. En plus des différences interspécifiques, une comparaison entre sexes a été faite. Les résultats montrent qu’une privation de ressource (« stress extrême ») diminue la longévité du stade adulte de 65 à 80%. Dans les conditions de « stress intermédiaire », les réponses sont plus variables : les mâles "P. aegeria" sont les plus sensibles, tandis que chez "L. maera", la longévité est peu affectée malgré des pertes de masse plus importantes. Au niveau du contenu en eau au moment de la mort des individus, un dimorphisme sexuel apparaît : le traitement n’a pas d’effet sur le contenu en eau des mâles, tandis qu’il diminue chez les femelles avec l’intensité du traitement. L’effet du stress sur l’allocation des ressources est plus marqué chez "P. aegeria" avec une diminution de la masse abdominale relative et une augmentation de la masse thoracique relative sous « stress intermédiaire ». Les réponses au « stress extrême » sont moins marquées que celles du « stress intermédiaire », montrant que dans de telles conditions, les pertes de masse se font de manière uniforme sur tout le corps. Ces résultats suggèrent que "L. maera" est plus tolérante face à une diminution de ressources. Cependant, dans des conditions de « stress extrême », les différences entre les deux espèces disparaissent, indiquant que les mécanismes pour compenser la diminution des ressources chez "L. maera" ne sont plus suffisants. Les tests comportementaux révèlent que chez "P. aegeria", les individus stressés volent plus longtemps que les contrôles, probablement en raison d’une motivation plus grande à rechercher des ressources afin de rétablir leur balance énergétique. Chez "L. maera", les individus stressés volent également plus, mais les différences sont moins marquées, ce qui est cohérent avec les résultats pour les traits physiologiques. Enfin, le comportement de « shivering », une contraction rapide des muscles thoraciques afin d’élever la température corporelle, diffère fortement entre les espèces : il est utilisé presque systématiquement chez "L. maera", tandis qu’il est rarement utilisé chez "P. aegeria".