LES STEREOTYPES ET LES PREJUGES COMME ENTRAVE A L’ACTION HUMANITAIRE CAS DE LA CRISE DES REFUGIES CENTRAFRICAINS AU CAMEROUN
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- L'action humanitaire mondiale fait face à des défis sans précédent. Pour l'année 2025, le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) estimait à plus de 305 millions le nombre de personnes nécessitant une assistance urgente. Si l'efficacité de l'aide dépend de facteurs logistiques, elle est aussi profondément influencée par les dynamiques psychosociales intergroupes. Ce travail de recherche analyse l’influence des stéréotypes et des préjugés sur la relation entre les travailleurs humanitaires et les réfugiés centrafricains au Cameroun. L'objectif est de comprendre dans quelle mesure ces opinions préconçues et ces subjectivités inhérentes aux relations endogroupe/exogroupe modifient la perception de l’aide et freinent l’efficacité de l’action humanitaire. La démarche scientifique s'appuie sur d'une part, une recherche documentaire approfondie, ancrée le Modèle de Contenu des Stéréotypes. D'autre part, une enquête qualitative de terrain menée au Cameroun par le biais d'entretiens semi-directifs auprès de travailleurs humanitaires et d'un informateur clé au sein de la communauté des réfugiés centrafricains. Les investigations révèlent que la confrontation empirique brise le mythe du donateur « idéal ». Face à l’afflux de masse, les humanitaires développent un préjugé de supériorité institutionnelle et une suspicion de fraude (« le réfugié menteur »). En réaction, les réfugiés manifestent un biais d’attribution hostile et perçoivent les agences comme des figures d'oppression. Ce blocage relationnel nourrit un mépris réciproque et engendre un métastéréotype de dépendance : l’empathie est fragmentée et réservée aux profils passifs (femmes, enfants), installant un fatalisme psychosocial chez les exilés tout en niant le potentiel des hommes actifs. Sur le plan opérationnel, ces biais durcissent les protocoles de contrôle, ralentissent l'aide et poussent les réfugiés à contourner les circuits officiels (revente de rations), ruinant le principe d'acceptation locale. L'étude démontre que si les stéréotypes n'annulent pas l'aide matérielle, en raison de la rigueur déontologique des travailleurs humanitaires et du pragmatisme de survie des réfugiés, ils en détruisent la qualité relationnelle. Les stéréotypes et les préjugés figent l’action humanitaire dans une gestion conflictuelle de la survie et bloquent toute co-construction d'une réponse durable. Mots-clés : Stéréotypes, Préjugés, Action humanitaire, Réfugiés centrafricains, Cameroun, Relations intergroupes.