Étude oculométrique du codage spatial des opérations arithmétiques en langue des signes chez la personne sourde
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Valembois_47891900_2025
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- Cette recherche expérimentale s’inscrit dans le domaine de la cognition numérique en s’intéressant à l’impact de la modalité visuo-spatiale de la Langue des Signes de Belgique Francophone (LSFB) sur la résolution d’opérations arithmétiques. Elle examine si les personnes sourdes mobilisent des stratégies distinctes de celles utilisées par les personnes entendantes signantes. Elle s’intéresse particulièrement à la multiplication, généralement associée au rappel en mémoire verbale (Ashcraft et al., 1992 ; Campbell & Graham, 1985). Un groupe constitué de personnes entendantes et un second de personnes sourdes ont effectué deux tâches : une tâche de comparaison de paires de nombres en LSFB et une tâche de vérification de réponses à des opérations d’additions, de soustractions et de multiplications en LSFB. Les mouvements oculaires ont été enregistrés durant cette tâche. Les résultats indiquent l’absence de différence significative entre groupes en précision et temps de réponse, suggérant que la présentation en LSFB pourrait réduire l’écart de performance habituellement observé entre ces deux populations. Chez les entendants, une position intermédiaire de la multiplication a permis de démontrer des biais attentionnels horizontaux (droite pour addition, gauche pour soustraction) et verticaux (plus haut pour l’addition et plus bas pour la soustraction). Chez les participants sourds, aucune différence de déplacement oculaire entre opérations n’a pu être mise en évidence sur l’axe horizontal. Sur l’axe vertical, une seule position plus élevée pour les additions que pour les soustractions a été observée. Par ailleurs, une différence intergroupe a été relevée dans l’écart de position oculaire entre addition et soustraction sur l’axe horizontal, ainsi que plusieurs différences significatives à l’échelle individuelle. Ces résultats indiquent des mouvements oculaires distincts entre groupes, possiblement liés à des stratégies de résolution différentes. Des recherches futures devraient impliquer un échantillon plus large et comparer la modalité de présentation en LSFB avec celle en nombres arabes afin d’évaluer plus finement l’influence de cette modalité sur le traitement numérique.