Analyse de la perception de l’infrastructure du vélo en région wallonne et à Bruxelles en fonction de l’utilisation du vélo, du genre et de l’âge
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- Devant les défis contemporains de la transition écologique, de la crise climatique et du soutien aux modes de transports actifs, l’essor du cyclisme représente un outil majeur pour encourager des moyens de déplacement plus écologiques et sains. Néanmoins, en dépit des multiples atouts qui lui sont attribués, l’usage du vélo demeure restreint chez certains groupes de citoyens. Dans ce cadre, saisir les représentations que les gens se forgent vis-à-vis des infrastructures cyclables semble crucial pour cerner les éléments pouvant aider ou bloquer l’adoption du vélo comme mode de transport quotidien. C’est sous cet angle que ce mémoire s’est penché sur le ressenti du cadre cycliste en région Wallonne et bruxelloise, en analysant ses rapports avec l’usage du vélo, le sexe et l’âge. Dans un premier temps, un examen de la littérature a exposé les notions majeures liées au cyclisme, à la transition durable, aux voies cyclables et aux paramètres influant sur l’image du milieu environnant. Les travaux scientifiques révèlent en particulier que le niveau des installations, les attitudes envers le vélo, les obstacles ressentis et certains profils propres, comme le genre ou l’âge, pèsent sur l’usage de ce moyen de transport. Par la suite, une étude quantitative a été menée auprès d’adultes résidant en Wallonie et à Bruxelles afin d’examiner les relations entre ces différents facteurs. Les conclusions recueillies indiquent que les usagers du vélo affichent une posture plus favorable vis-à-vis de ce mode de transport et ressentent moins de contraintes quant à son usage que les non-pratiquants. À l’opposé, aucun écart significatif n’est apparu entre ces deux catégories au sujet du jugement global des infrastructures cyclables. Aucune différence significative n’a également été observée entre les usagers et les non-pratiquants concernant la sécurité perçue. De plus, les traitements révèlent que le sexe n’influe pas significativement sur la perception des infrastructures ni sur la sécurité perçue au sein de notre échantillon, alors que l’âge est corrélé à une vision un peu moins positive des installations ainsi qu’à une sécurité perçue plus faible. Ces données montrent que l’âge semble occuper une place particulière dans la manière dont l’environnement cyclable est évalué, tant sur le plan des infrastructures que du sentiment de sécurité. De manière plus générale, cette recherche met en évidence que les perceptions du vélo résultent d’une interaction complexe entre les caractéristiques individuelles des usagers et leur environnement de déplacement. Si des infrastructures cyclables de qualité constituent une condition importante pour encourager la pratique, elles ne semblent pas, à elles seules, expliquer l’utilisation du vélo. Les attitudes, les contraintes perçues et les expériences personnelles apparaissent également comme des éléments essentiels dans le développement de comportements favorables à la mobilité cyclable. Ces résultats invitent ainsi à privilégier une approche globale de la promotion du vélo. Au-delà de l’amélioration des infrastructures, les politiques publiques gagneraient à développer des actions de sensibilisation, des dispositifs favorisant l’apprentissage et la confiance des usagers ainsi que des aménagements répondant aux besoins de différents profils de population, notamment les personnes plus âgées. Une telle approche pourrait contribuer à renforcer le sentiment de sécurité des citoyens et favoriser une adoption plus large du vélo comme mode de transport quotidien. Pour conclure, bien que cette étude présente certaines limites méthodologiques, notamment liées à son caractère transversal, à l’utilisation d’un questionnaire auto administré et à la composition de l’échantillon, elle apporte des éléments de compréhension sur les perceptions du vélo en Belgique francophone. Elle ouvre également plusieurs perspectives de recherche, notamment l’intérêt de mieux comprendre l’évolution des perceptions au cours du temps et d’étudier conjointement les caractéristiques objectives des infrastructures et les perceptions qu’en ont les usagers. Dans ce contexte où les enjeux de mobilité durable occupent une place croissante dans les politiques publiques, ces travaux pourraient contribuer à concevoir des environnements cyclables davantage adaptés aux attentes et aux besoins de l’ensemble des citoyens.