Mobilité active et espace public dans le corridor du BRT : Cas de la ligne 1 du boulevard Germain Koffi Gadeau à Abidjan
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- Ce travail analyse le projet de la première ligne de transport en commun, Bus Rapid Transit (BRT), à Abidjan, prévue le long du boulevard Germain Koffi Gadeau, l'un des axes les plus structurants de la ville, reliant Bingerville à l'est à Yopougon à l'ouest. Il s'interroge sur la manière dont l'espace public qui dessert les arrêts du BRT a été pris en compte dans le projet. Il part d'un constat simple : se rendre à un arrêt de transport en commun, ou en revenir, se fait le plus souvent à pied ou en transport informel dans le contexte ivoirien. Dans le cadre de ce travail, la mobilité active est considérée comme l'une des conditions premières de tout déplacement en transport en commun dans la ville. La question centrale est de savoir si le projet BRT a intégré cette mobilité active dans sa conception, plus particulièrement sur les lignes de rabattement à ses arrêts, et dans quelle mesure les espaces publics environnants permettent réellement cet accès. Pour répondre à cette question, ce travail s'appuie sur cinq principes directeurs qui constituent à la fois les enjeux et le cadre des propositions : la mobilité active sur les lignes de rabattement, l'intégration des transports artisanaux informels, notamment Woro-Woro et Gbaka, le commerce de rue comme élément structurant de l'espace public, le confort climatique et la végétalisation comme conditions de praticabilité dans ce contexte tropical, et l'équité sociale comme clé de lecture transversale de l'ensemble. Ces cinq principes sont appliqués à la lecture critique des documents du projet et aux observations de terrain sur trois nœuds d'arrêts : Adjamé-Délégation, Feh Kessé et Riviera 2. Le diagnostic révèle une tension récurrente entre les pratiques informelles qui animent ces espaces et les conditions de la mobilité active, en particulier pour le vélo, totalement absent des aménagements actuels. Sur deux de ces nœuds, des coupes en travers réalisées à partir de mesures réelles, sur des rues de rabattement de 38 m et 13,34 m de large, permettent de tester des scénarios d'aménagement qui répondent à ces cinq principes sans supprimer les pratiques qui font déjà vivre ces espaces. Ce travail conclut sur une recommandation transversale : intégrer un diagnostic de ces espaces publics dès les études préalables de tout projet de transport en commun à Abidjan.