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Letaillieur_3240-19-00_2026
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- Dans la Somme, les paysages agricoles semblent s’étendre à l’infini. Pourtant, derrière l’immensité des champs et l’abondance apparente, quelque chose s’est progressivement effacé : le lien qui unissait autrefois les habitants à leurs terres nourricières. Face aux fragilités d’un système alimentaire mondialisé, dépendant des énergies fossiles et toujours plus éloigné des réalités locales, la question de notre rapport à la terre redevient centrale. Comment produire, habiter et nourrir autrement nos territoires ? C’est en portant mon regard sur les marais samariens, longtemps délaissés mais profondément ancrés dans l’histoire locale, qu’a émergé la question qui guide ce travail : comment les marais sa- mariens peuvent-ils devenir le support architectural d’une transition agroécologique et cultiver ainsi un lien perdu entre paysans, villageois et leurs terres nourricières ? Cette réflexion se déploie à trois échelles complé- mentaires. Celle du terri- toire d’abord, où la vallée de l’Hallue est envisagée comme une colonne vertébrale alimentaire reliant villages, paysages et espaces productifs. Celle des villages ensuite, où les marais re- trouvent leur rôle d’interface et de lieu de rencontre entre paysans, villageois et terres nourricières. Enfin celle du site et de l’architecture, où la conception d’une micro-ferme maraîchère agroécologique explore la relation intime entre habiter et cultiver. Cette microferme n’est pas seulement un outil de production. Elle devient un lieu de vie où l’on cultive autant les légumes que les liens humains, où l’acte de produire nourrit l’échange et la transmission, et où l’habiter et le cultiver se rencontrent jusqu’à se confondre. À travers cette démarche, les marais sont envisagés comme des biens communs capables de retisser des relations entre les habitants, leur paysage et ce qui les nourrit. Dans un monde en transition, ils deviennent alors le support d’une manière d’habiter plus attentive au vivant et davantage ancrée dans son territoire.