Comment les enseignants du primaire mobilisent la littérature de jeunesse pour enseigner les faits historiques?
Files
DE JAEGHER_51469400_2025.pdf
Closed access - Adobe PDF
- 1.31 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Cette recherche a pour objectif de comprendre comment les enseignants du primaire mobilisent la littérature de jeunesse pour enseigner les faits historiques, selon quels critères la choisissent-ils et avec quelles finalités pédagogiques. L'analyse de la littérature scientifique et des entretiens semi-directifs menés auprès de cinq enseignants expérimentés a permis de confirmer que la littérature de jeunesse constitue un levier pédagogique pertinent pour contextualiser les apprentissages, susciter l'engagement émotionnel et développer l'esprit critique des élèves. Les résultats montrent que les enseignants utilisent principalement ces ouvrages comme point d'entrée narratif dans les séquences historiques, favorisant l'identification des élèves aux personnages et facilitant la mémorisation. Le choix des livres repose sur la qualité littéraire et éditoriale, l'accessibilité du vocabulaire, la fiabilité historique et la capacité de capter l'attention. Toutefois, les modalités d'usage diffèrent en fonction des expériences, des ressources disponibles et des contraintes institutionnelles. Cette étude confirme nos hypothèses, tout en soulignant que la littérature de jeunesse ne se limite pas à un rôle illustratif; elle participe à l'ancrage des savoirs, au déclenchement d'une réflexion critique et à la formation citoyenne. Les enseignants, en tant que médiateur critique, veillent à distinguer fiction et réalité, à prévenir des anachronismes et à développer le doute historique. Les limites de ce travail tiennent à la taille réduite de l'échantillon et à la nature déclarative des données. Pour approfondir, il serait pertinent d'inclure la voix des élèves, de mener une étude quantitative sur l'ampleur de ces pratiques et d'analyser le corpus d'ouvrages utilisés. Une comparaison selon l'ancienneté, le niveau d'enseignement et la formation initiale permettrait également de mieux comprendre la diversité des approches. En définitive, cette recherche met en lumière la richesse et la complexité de l'usage de la littérature dans l'enseignement de l'histoire et invite à considérer cet outil non seulement comme un support de savoir, mais aussi comme un vecteur d'émotion, de réflexion critique et de construction du sens historique.