Le manque d’attractivité de la formation initiale des enseignants en Belgique francophone : Étude qualitative auprès d’étudiants du champ social n’ayant pas choisi cette voie
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- Le présent mémoire s’inscrit dans le champ des sciences de l’éducation et interroge la problématique du manque d’attractivité de la formation initiale des enseignants en Belgique francophone. Dans un contexte marqué par une pénurie croissante d’enseignants et des réformes successives dans le secteur éducatif, il devient crucial de comprendre pourquoi certains jeunes, pourtant engagés dans des filières du champ social, ne choisissent pas l’enseignement comme orientation professionnelle. La question centrale qui guide ce travail est la suivante : Comment expliquer le manque d’attractivité des étudiants pour le programme de formation initiale des enseignants en Belgique francophone ? Pour y répondre, une démarche qualitative de type phénoménologique (Anadón, 2006) a été adoptée, centrée sur le vécu et les représentations subjectives des étudiants. Douze entretiens semi-directifs ont été menés auprès d’étudiants en éducation spécialisée, soins infirmiers et médecine, soit des formations caractérisées par une forte dimension sociale. L’analyse, conduite à partir du modèle FIT-Choice (Watt & Richardson, 2007), met en évidence des motivations altruistes et intrinsèques chez les participants, compatibles avec la profession enseignante, telles que le désir de transmettre, d’aider ou de contribuer à l’éducation des jeunes. Toutefois, ces motivations sont souvent neutralisées par plusieurs freins majeurs : une perception dévalorisante du métier dans la société (Maroy, 2008 ; Sirois et al., 2022), un manque de reconnaissance professionnelle, la précarité en début de carrière (Delvaux et al., 2013), le doute quant à ses propres compétences pédagogiques et l’influence de l’entourage ou du vécu scolaire antérieur (Lortie, 2002, cité dans Berger & D’Ascoli, 2011). Le métier d’enseignant est perçu comme socialement utile mais peu prestigieux, difficilement accessible et insuffisamment valorisé. Les propositions formulées par les étudiants interrogés rejoignent les recommandations de la littérature : revalorisation salariale, augmentation du nombre de stages, meilleure communication autour du métier, amélioration des conditions de travail et réforme du système de nomination (Dupriez & Périsset, 2023 ; Sirois et al., 2022). Ce travail suggère que l’attractivité de la formation ne pourra être renforcée sans une action conjointe sur les dimensions symboliques, structurelles et pédagogiques de la profession. Il ouvre également des pistes de recherche, notamment une comparaison avec les étudiants ayant choisi l’enseignement ou une analyse de l’impact des mouvements sociaux récents sur les choix d’orientation dans cette filière. Références principales : Anadón, M. (2006). La recherche dite « qualitative ». Berger, J.-L., & D’Ascoli, Y. (2011). Les motivations à devenir enseignant. Delvaux, B. et al. (2013). Les enseignants débutants en Belgique francophone. Dupriez, V., & Périsset, D. (2023). Les pénuries dans l’enseignement. Maroy, C. (2008). Perte d’attractivité du métier et malaise enseignant. Sirois, G. et al. (2022). Attirer et retenir les futurs enseignants. Watt, H. M. G., & Richardson, P. W. (2007). Motivational factors influencing teaching choice.