Quel(s) raisonnement(s) pour quelle(s) compétence(s) mathématique(s) ?

(2026)

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Le raisonnement analogique se définit comme la capacité à identifier une structure relationnelle commune entre deux situations et à transférer ses connaissances vers un contexte nouveau (Kokinov & French, 2003). Il est considéré comme un facteur central de la pensée mathématique (Goswami, 2004 ; Lailiyah et al., 2018). Pourtant, cette relation reste étonnamment mal comprise : la littérature s'accorde sur l'existence d'un lien entre raisonnement analogique et mathématiques, mais peine à préciser quel forme de raisonnement (verbal, visuospatial ou numérique) est réellement en jeu, et pour quelle compétence mathématique spécifique. Ce mémoire cherche donc à répondre à la question suivante : quel(s) de raisonnement(s) pour quelle(s) compétence(s) mathématique(s) ? Deux objectifs en découlent : comparer directement les performances sur ces trois formes de raisonnement, et déterminer leur contribution respective à un ensemble détaillé de tâches mathématiques plutôt qu'à un simple score global. Pour y répondre, 51 adultes tout-venant, âgés de 21 à 52 ans, ont réalisé trois épreuves de raisonnement analogique issue du Test de Raisonnement Différentiel (Meuris, 1970), ainsi qu'une batterie mathématique standardisée couvrant douze sous-domaines (TEDIMATH grand ; Noël & Grégoire, 2015). Les résultats montrent une réponse claire : si les trois formes de raisonnement sont corrélées entre eux, c'est le raisonnement numérique qui s'impose comme prédicteur de la réussite mathématique, devançant nettement le raisonnement verbal, pourtant habituellement présenté comme central dans la littérature, et qui ne ressort ici prédicteur d'aucune tâche. Le raisonnement visuospatial, quant à lui, joue un rôle plus discret et ciblé. Toutefois, ces résultats méritent d'être nuancés au regard de la taille de l'échantillon et devront être confirmés par de futures recherches. Ainsi, malgré certaines limites, ce mémoire permet d'apporter un éclairage sur le rôle différencié du raisonnement analogique dans la réussite mathématique chez l'adulte, un domaine encore peu investigué au regard des trois formes de raisonnement.