L'additif alimentaire E551 altère-t-il le métabolisme microbien des acides biliaires ? Etude dans des selles d'humains sains.

(2026)

Files

Szalapa_02441900_2026.pdf
  • Closed access
  • Adobe PDF
  • 7.01 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
Les nanoparticules de silice amorphe synthétique (SAS), couramment utilisées comme additif alimentaire (E551), suscitent un intérêt croissant en raison de leurs interactions potentielles avec le microbiote. En effet, en raison de leur faible absorption intestinale elles pourraient rester en contact prolongé avec le microbiote, et de ce fait altérer les activités enzymatiques bactériennes impliquées dans la transformation des acides biliaires. Les données disponibles à ce jour étant exclusivement issues de modèles animaux et d'études in vitro, la transposabilité de ces observations à l'humain demeure inconnue. Cette étude vise à explorer, chez des volontaires sains ayant ingéré des doses connues de SAS (1 mg et 64 mg), les effets de cet additif sur le métabolisme microbien des acides biliaires, ainsi qu'à quantifier la dose excrétée dans les selles. Différentes variables susceptibles de moduler ces deux paramètres ont également été évaluées, à savoir le temps de transit intestinal, le sexe, l'âge, l'indice de masse corporelle, la prise de médicaments et la consommation alimentaire d'autres sources de SAS au cours de l'étude. L'impact de la SAS sur le métabolisme microbien des acides biliaires a été évalué via la mesure de l'activité de la 7-alpha-déshydroxylation, étape clé de la conversion des acides biliaires primaires en acides biliaires secondaires. La quantification du silicium dans les selles a été réalisée par spectrométrie d'émission optique à plasma à couplage inductif (ICP-OES), complétée par une analyse en microscopie électronique à transmission (TEM) afin de caractériser la présence éventuelle de nanoparticules de silice dans les échantillons fécaux. Les résultats ont montrés que l'activité de la 7-alpha-déshydroxylation n'est pas significativement modulée par l'ingestion unique de 1 mg ni de 64 mg de SAS, aucun des facteurs modulateurs étudiés ne présente d'association significative avec ce résultat. Concernant la quantité de silicium excrétée, une diminution significative a été observée après ingestion de la dose élevée (64 mg) par rapport à la dose contrôle cependant, celle-ci pourrait être due à une consommation moindre d’aliments contenant de la silice. Enfin, aucune nanoparticule de silice n'a pu être visualisée au TEM dans les échantillons fécaux analysés. En perspective, l'analyse de l'activité BSH, réaction complémentaire de la 7-alpha- déshydroxylation au sein du métabolisme bactérien des acides biliaires, permettrait de compléter ces résultats.