L’Appropriation de l’Évaluation de l’Impact Social dans les Entreprises de Travail Adapté Wallonnes : une étude qualitative auprès de deux Entreprises de Travail adapté et d’acteurs sectoriels.
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- Ce mémoire s’intéresse à cet angle encore peu exploré par la littérature : la manière dont les Entreprises de Travail Adapté (ETAs) wallonnes s’approprient les démarches d’Evaluation de l’Impact Social (EIS), et les tensions organisationnelles et identitaires que ce processus révèle. Malgré l’abondance de la littérature sur l’EIS dans les WISEs, elle s’est peu penchée sur les ETAs spécifiquement, des organisations hybrides confrontées à une double logique économique et sociale. A partir d’une approche qualitative reposant sur des entretiens semi-directifs auprès de deux ETAs (Atelier Saint-Vincent et les Dauphins) et de deux acteurs sectoriels (EWETA et la SAW-B), en complément de la littérature, l’analyse thématique dégage cinq dimensions : la définition et la perception de l’EIS, les pratiques d’évaluation existantes, les motivations et freins, les pressions externes et les tensions identitaires liées à l’hybridité. Les résultats mettent en évidence deux profils d’appropriation différente : une appropriation implicite et informelle (l’Atelier Saint-Vincent), majoritaire selon les acteurs sectoriels, et une appropriation explicite et structurée (les Dauphins), minoritaire mais plus avancée. C’est une différence qui s’explique moins par la pression institutionnelle : le reporting exigé par l’AVIQ, créant surtout un phénomène de découplage (Meyer & Rowan, 1977) que par des motivations internes, la taille des structures, les ressources disponibles et l’intensité de l’identification à l’Economie Sociale. L’Evaluation de l’Impact Social apparait ainsi non comme un simple outil technique, mais comme in révélateur des arbitrages permanents que l’hybridité impose à ces organisations.