Réponse du chêne sessile (Quercus petraea) à l’éclaircie dans de jeunes plantations pures et mélangées
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- En Wallonie, où de nombreux peuplements sont monospécifiques, les peuplements mélangés – en particulier avec le chêne sessile (Quercus petraea) – apparaissent comme une stratégie prometteuse pour renforcer la résilience forestière dans un futur incertain. Or, dans les jeunes plantations mélangées, le chêne sessile risque d’être rapidement dominé par des essences plus compétitives à croissance plus rapide. Dans ce contexte, l’éclaircie par approche « arbre cible » semble être une approche prometteuse pour maintenir le chêne dans un mélange. Cependant, les recommandations d’éclaircie issues des monocultures ne sont pas directement transposables aux peuplements mélangés, où les interactions interspécifiques modifient fortement les relations compétitives. Il existe ainsi un besoin de recherche auquel ce mémoire vise à contribuer, en quantifiant la réponse du chêne sessile à l’éclaircie et en comparant cette réponse entre la monoculture et des peuplements mélangés. La recherche s’appuie sur le dispositif FORBIO à Gedinne, où une éclaircie par arbre cible a été appliquée durant l’hiver 2023-2024. Dans cette étude, nous avons retenu les dix compositions comprenant du chêne, soit la monoculture, deux mélanges à deux espèces, trois mélanges à trois espèces et quatre mélanges à quatre espèces. Les essences associées sont le hêtre commun, l’érable sycomore, le douglas ainsi que le mélèze hybride. La réponse des chênes cibles, éclaircis et témoins, durant la période de croissance de 2025 a été analysée à l’aide de modèles statistiques mixtes visant à prédire l’accroissement absolu en diamètre. L’effet de l’éclaircie a été évalué en tenant compte d’autres déterminants écologiques de la croissance, comme la taille initiale des arbres, la compétition locale ou encore la concurrence globale à l’échelle du peuplement. Six modèles de croissance ont été utilisés, selon deux approches. L’éclaircie y a été intégrée soit comme une variable binaire distinguant les chênes éclaircis des témoins, soit comme une intensité locale d’éclaircie. Pour chacune de ces deux approches, deux modèles intègrent un indicateur continu de concurrence globale, tandis qu’un troisième modèle considère la composition comme variable catégorielle, avec la monoculture de chêne comme référence. Les résultats de la première approche montrent une différence d’accroissement positive et significative entre les chênes cibles éclaircis et les chênes témoins. Dans les compositions à concurrence globale plus élevée, où l’accès à la lumière est plus difficile, notamment dans les mélanges contenant du mélèze, cette différence tend à être plus marquée. Cette tendance suggère que l’éclaircie pourrait être particulièrement utile dans ces contextes compétitifs, même si l’effet de la composition sur la réponse à l’éclaircie n’est pas démontré de manière générale. Les résultats de la seconde approche montrent seulement une tendance non significative suggérant que l’intensité locale de l’éclaircie favoriserait l’accroissement en diamètre du chêne cible. L’effet de l’éclaircie ne dépend globalement pas significativement de la composition, mais les accroissements restent plus faibles dans les compositions à forte concurrence globale. En conclusion, l’éclaircie par arbre cible est une méthode adaptée pour favoriser la croissance et donc le maintien du chêne sessile en mélange. Si l’objectif est d’obtenir l’accroissement absolu le plus élevé afin de réduire la durée du cycle sylvicole, les compositions à faible concurrence globale, comme la monoculture de chêne ou certains mélanges moins compétitifs, semblent les plus favorables.