Dans quelle mesure les professionnels médicaux et paramédicaux intervenant auprès de footballeurs amateurs et semi-professionnels intègrent-ils la dimension nutritionnelle dans la rééducation post-rupture du ligament croisé antérieur ? Quels facteurs influencent leur décision de les référer vers un diététicien ?
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- Contexte : La rupture du LCA est une blessure fréquente et invalidante chez les footballeurs amateurs et semi-professionnels, nécessitant 6 à 12 mois de rééducation. Malgré le rôle scientifiquement reconnu de la nutrition dans la récupération (préservation musculaire, modulation de l'inflammation, cicatrisation), son intégration dans les pratiques professionnelles reste peu documentée. Ce mémoire analyse les connaissances, attitudes et pratiques des professionnels de santé concernant la nutrition dans la rééducation post-LCA, et identifie les facteurs influençant leur décision de référer les patients vers un diététicien. Méthodes : Étude quantitative transversale par questionnaire diffusé en ligne (28 questions, 5 sections : données sociodémographiques, connaissances en nutrition, micronutriments, attitudes sur échelle de Likert, pratiques professionnelles). Diffusion en français entre février et mars 2026 auprès de kinésithérapeutes, médecins du sport et autres paramédicaux intervenant auprès des sportifs blessés. Échantillon : N=80, majoritairement des kinésithérapeutes (88,8 %), dont 60 % avec moins de 5 ans d'expérience. Analyses : statistiques descriptives, corrélation de Pearson, test T, ANOVA et régressions linéaires multiples (SPSS). Résultats : Le score moyen de connaissance est de 7,18/10, avec une bonne maîtrise des macronutriments mais des lacunes notables sur les micronutriments spécifiques (vitamine D : 31,2 % de bonnes réponses ; créatine : 20 % ; micronutriments de cicatrisation : 5 %). Le score d'importance accordée à la nutrition atteint 14,56/18, témoignant d'une reconnaissance quasi-unanime. Toutefois, un paradoxe central (knowledge–practice gap) est mis en évidence : plus d'un tiers des participants abordent rarement ou jamais la nutrition en consultation, et l'orientation vers un diététicien est rare (33,8 %) voire inexistante (12,5 %) pour une large part des répondants. L'expérience professionnelle est le seul déterminant significatif (β = -0,398 ; p < 0,001) : les jeunes professionnels accordent davantage d'importance à la nutrition. Les principaux freins identifiés sont le manque de collaboration interprofessionnelle (70 %), le sentiment d'incompétence nutritionnelle (58,8 %) et la faible adhésion des patients (47,5 %), partiellement liée aux contraintes économiques.