Entre accès à l’emploi et intégration socioprofessionnelle durable : comparaison exploratoire des trajectoires de femmes migrantes originaires d’Afrique subsaharienne en Belgique. Le cas du dispositif Hospi’Jobs de l’IRFAM.
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- Cette recherche analyse l’insertion socioprofessionnelle des femmes migrantes originaires d’Afrique subsaharienne en Belgique à travers une comparaison exploratoire entre des trajectoires accompagnées et des trajectoires construites sans accompagnement structuré. Elle s’appuie sur quinze entretiens semi-directifs : dix participantes ont bénéficié du dispositif Hospi’Jobs, tandis que cinq autres n’avaient bénéficié d’aucun dispositif structuré d’insertion socioprofessionnelle. Le lieu de résidence ne constitue pas l’unité de comparaison ; l’analyse porte principalement sur la présence ou l’absence d’un accompagnement structuré. Les résultats confirment les effets combinés de la barrière linguistique, de la nonreconnaissance des diplômes, de la précarité administrative, de l’absence de réseaux professionnels, des responsabilités familiales et des discriminations. L’apport spécifique du mémoire ne réside toutefois pas dans la seule identification de ces obstacles, déjà largement documentés, mais dans l’analyse de la manière dont Hospi’Jobs transforme les conditions dans lesquelles ils sont affrontés. Quatre mécanismes ressortent des entretiens. Le dispositif sécurise les trajectoires en proposant des étapes, des repères et des interlocuteurs identifiables ; il traduit les codes implicites du marché du travail belge ; il légitime les compétences grâce à une expérience professionnelle locale et à des partenariats institutionnels ; enfin, son action reste limitée par des obstacles structurels qu’aucun dispositif ne peut résoudre seul. Ces mécanismes permettent de distinguer l’accès à l’emploi de l’intégration socioprofessionnelle durable. La recherche propose ainsi la notion d’autonomie accompagnée : les participantes deviennent progressivement autonomes grâce à l’acquisition d’un langage professionnel, d’une expérience locale, de réseaux, de confiance et d’une meilleure compréhension des institutions. À l’inverse, les trajectoires construites sans accompagnement structuré peuvent relever d’une autonomie contrainte, dans laquelle l’accès rapide à l’emploi masque parfois une plus grande instabilité et une reconnaissance plus faible. La comparaison demeure exploratoire, car les deux groupes diffèrent par leur taille, leur mode de recrutement et leur accès à l’accompagnement.