Mobilité internationale aux Etats-Unis et construction personnelle des étudiants : attitudes révélatrices face à la justice sociale, l’autonomie et l’estime de soi

(2026)

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Ce mémoire s’intéresse aux attitudes révélées, par des étudiants belges francophones, à l’égard de la justice sociale, de l’autonomie et de l’estime de soi, dans un contexte de mobilité internationale d’un an aux États-Unis. Cette recherche vise à comprendre comment une immersion prolongée dans un environnement socioculturel différent peut révéler, questionner ou encore repenser certaines perceptions et attitudes incorporées chez les étudiants. La problématique de cette recherche repose sur la question suivante : « Comment les étudiants belges francophones diplômés du CESS expriment-ils, à travers leur expérience immersive aux États-Unis, des attitudes révélatrices à l’égard de la justice sociale, de l’autonomie et de l’estime de soi ? ». Pour éclairer cette question, le cadre théorique mobilise plusieurs concepts complémentaires : la mobilité internationale, l’acculturation, le choc culturel, le bilinguisme, les compétences interculturelles, l’identité, les croyances, les attitudes, les représentations sociales, la justice sociale, l’autonomie et l’estime de soi. Les apports théoriques de Berry (1989), Bourdieu (1986), Collard-Bovy (2022), Fraser (1998 ; 2011), Lerner (1980), Ehrenberg (2010), Jost et Banaji (1994) ou encore Lahire (2013) permettent de mettre en évidence les dimensions psychologiques et sociologiques. Afin d’explorer cette problématique, une méthodologie qualitative a été privilégiée. 14 entretiens semi-directifs ont été réalisés auprès d’étudiants belges francophones ayant effectué une année de mobilité aux États-Unis. Les résultats montrent que les étudiants associent la justice sociale à des réalités concrètes, comme l’accès aux soins, le coût des études, les formes de ségrégation, etc. Ils mettent souvent en contraste le modèle belge, perçu comme plus solidaire, et le système américain, davantage associé à la logique du mérite. Cette comparaison tend à renforcer une individualisation des inégalités, celles-ci étant plus facilement attribuées aux parcours personnels qu’aux structures sociales. Dans ce cadre, l’autonomie est vécue comme une injonction implicite, demandant à chacun à se considérer comme responsable de leur vie. L’estime de soi dépend de la reconnaissance sociale, la mobilité étant vécue comme une preuve de responsabilité individuelle. Ces dimensions s’articulent dans un même processus de construction identitaire influencé par les contextes et les expériences. Cette recherche met en évidence que la mobilité internationale ne constitue pas uniquement une expérience académique ou linguistique, mais également un processus de transformation personnel. Toutefois, les trajectoires restent influencées par les ressources sociales, culturelles et familiales propres à chaque individu. De futures recherches plus longitudinales pourraient approfondir l’analyse en interrogeant les participants avant, pendant et après leur séjour.