La variabilité spatiale des minima de température en Belgique au cours des dernières décennies
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Edith NKEUGMO TSAPMO_02852200_2026.pdf
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- En Belgique, sur la période 1985–2024, les nuits les plus froides de l’hiver se réchauffent généralement plus rapidement que la température moyenne de la saison. Ce mémoire établit ce constat à partir de trente stations de l’Institut royal météorologique et de deux réanalyses climatiques, ERA5-Land et CERRA. Dans les 29 stations où le rapport entre les tendances est calculable, la tendance du minimum absolu hivernal dépasse celle de la moyenne hivernale, avec un rapport médian de 2,25. Le signe de cet écart est cohérent d’une station à l’autre, même si son amplitude reste incertaine localement. Le froid extrême ne disparaît pas, mais il s’adoucit plus rapidement que les conditions hivernales moyennes. Aucun des facteurs locaux examinés (altitude, relief, proximité de la mer ou urbanisation) ne présente de relation statistiquement significative avec la répartition de cette amplification. La variabilité interannuelle du minimum absolu hivernal diminue par ailleurs dans 22 stations sur 30, avec une baisse significative à l’échelle du réseau. Ces résultats sont compatibles avec l’existence d’un mécanisme agissant à plus grande échelle, comme le suggèrent des travaux récents sur l’amplification arctique et la diminution de la variabilité des températures hivernales, sans que la présente étude permette d’en établir le rôle en Belgique. La comparaison des deux réanalyses apporte enfin un résultat méthodologique important. Pour le minimum absolu hivernal, ERA5-Land présente une tendance significative sur seulement 5% de ses pixels, contre 68 % pour CERRA. La résolution plus fine de CERRA peut contribuer à cette différence, mais les deux produits se distinguent également par leur modèle, leur orographie, leurs paramétrisations et leur méthode de production. Le choix de la réanalyse influence donc fortement la détection spatiale des tendances du minimum absolu hivernal.