Trajectoires migratoires et accès à l’emploi aux Philippines (2013- 2018): une analyse selon le lieu d’origine et de destination

(2026)

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Les migrations internes constituent un phénomène majeur dans les pays en développement, jouant un rôle central dans la répartition de la population et le fonctionnement des marchés du travail. Aux Philippines, archipel de plus de 110 millions d’habitants, ces mobilités internes sont particulièrement intenses et s’inscrivent dans un contexte d’urbanisation rapide et d’importantes inégalités régionales. Si les déterminants de la migration interne sont bien documentés, peu d’études examinent l’effet de la trajectoire migratoire sur l’accès à l’emploi en comparant les migrants aux non- migrants de leur zone d’origine et de destination. Ce travail analyse dans quelle mesure la trajectoire migratoire, définie par l’association entre lieu d’origine et de destination, conditionne l’accès à l’emploi aux Philippines entre 2013 et 2018. L’analyse mobilise les données de la National Migration Survey conduit par la Philippine Statistics Authority en 2018, portant sur un échantillon de 41 172 individus âgés de 15 à 65 ans. Des modèles logistiques sont estimés afin d’isoler l’effet de quatre trajectoires migratoires sur la probabilité d’être en emploi : rural-rural, rural-urbain, urbain-rural et urbain-urbain. Les caractéristiques individuelles telles que le sexe, l’âge, le niveau d’éducation, le statut matrimonial et l’expérience professionnelle antérieure sont introduites comme variables de contrôle. Les résultats montrent que la trajectoire migratoire n’est pas un déterminant significatif de l’accès à l’emploi, à l’exception de la migration rural-rural. Contrairement aux attentes, les migrants vers les zones urbaines ne bénéficient d’aucun avantage par rapport aux non-migrants locaux, et les migrants d’origine urbaine ne se distinguent pas de ceux d’origine rurale à destination identique. Ce sont les caractéristiques individuelles, notamment le sexe, l’âge et l’expérience professionnelle antérieure, qui structurent le plus fortement les chances d’emploi. Ces résultats invitent à déplacer le regard analytique de la trajectoire géographique vers les ressources que les individus mobilisent au moment de migrer.