Repenser le patrimoine brassicole carolorégien : Outil d’analyse et pistes de revalorisation pour les brasseries du XIXe-XXe siècle. Application à la Brasserie des Alliés.

(2026)

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Charleroi, surnommée le Pays noir, a longtemps été l’un des pôles industriels majeurs de la Belgique. Parmi les secteurs qui ont façonné son territoire, l’industrie brassicole occupe une place méconnue mais significative : en 1880, l’arrondissement de Charleroi ne comptais pas moins de 43 brasseries, faisant de la région l’un des centres brassicoles les plus importants du pays. Aujourd’hui, seuls trois témoins bâtis de ce patrimoine sont encore visibles dans le tissu urbain carolorégien. Ce déclin brutal, lié à la concentration du secteur et à la désindustrialisation, a entrainé une perte mémorielle profonde. Une fracture entre la présence physique des vestiges et l’absence de conscience autour de leur histoire. C’est dans ce contexte qu’un outil d’analyse multicritère a été développé, structuré autour de trois grilles adaptées aux typologies architecturales identifiées : la brasserie urbaine compacte, la brasserie de proximité et la brasserie de site extensif. Ancré dans le cadre théorique des quatre piliers de la conservation durable et construit à partie de l’analyse comparative de six projets de revalorisation en Europe du Nord-Ouest, cet outil évalue la pertinence d’un scénario de reconversion selon cinq critères : le patrimoine bâti, la mémoire et la médiation, l’usage et le programme, l’intégration territoriale, et la viabilité et la pérennité. Appliquée à la Brasserie des Alliés à Marchienne au-pont, édifice Art Déco classé depuis 1995 mais en état de dégradation avancée et récemment mis en vente, l’outil a permis d’évaluer le scénario de revalorisation élaboré par l’Institut du Patrimoine Wallon. Cette application a révélé la qualité architecturale et territoriale du projet, tout en mettant en lumière sa principal lacune : l’absence d’une intention mémorielle explicite. Elle a également démontré que la transférabilité de l’outil dépasse le seul contexte carolorégien et s’étend sur l’ensemble du patrimoine brassicole industriel de l’Europe du Nord-Ouest.