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JACQUIER_4071-19-00_2025.pdf
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- Le mémoire démontre que vieillir n’est plus un lent effacement social, mais un parcours pluriel, fait d’élans, de vulnérabilités et de nouveaux engagements. L’architecture, révélatrice de ces trajectoires, peut soit enfermer la personne âgée dans une identité de patient héritée de la culture hospitalière de l’EHPAD, soit soutenir la continuité biographique et citoyenne. Partant de ce constat, l’îlot inclusif conçu à Bourbourg substitue à la logique de l’institution celle de l’écosystème urbain : il ouvre l’habitat senior aux flux du quartier, favorise les traversées piétonnes, offre des lieux partagés et fait des aînés des acteurs visibles et utiles de la cité. Cette démarche rompt symboliquement avec l’idée qu’il faudrait « mettre à l’abri » la personne âgée. La chambre privée sert d’ancrage, mais la ville prolonge le domicile et offre un terrain d’aventures collectives. Les seniors ne sont plus « pris en charge », ils prennent part : co-gestion des espaces, bénévolat etc. L’îlot inclusif apporte ainsi avant tout une réponse sociale, là où l’EHPAD conventionnel proposait surtout une réponse sanitaire. Le vieillissement n’appelle donc pas un surcroît de dispositifs spécialisés, mais un approfondissement du commun : plus l’architecture tisse des liens entre sphère privée et publique, générations, rythmes de vie et temporalités urbaines, plus elle devient un soin en elle-même. À l’inverse, chaque fois qu’elle cloisonne et standardise, elle ajoute de la vulnérabilité. Renoncer à la logique du contrôle pour celle de la confiance, passer de l’hébergement à l’habiter-ensemble : telle est la condition pour que l’architecture redevienne un acte politique et sensible, capable de préserver la dignité à chaque âge de la vie.