Un lieu pour soi, un lien pour tous : Repenser l’habitat du bien vieillir

(2025)

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Ce mémoire naît d’un vécu personnel et familial qui a nourri ma réflexion sur le vieillissement et l’habitat. L’expérience de mes grands-parents et arrière-grands-parents m’a sensibilisée à la perte d’autonomie et à l’importance d’un lieu de vie adapté, porteur de lien social. Aujourd’hui, les dispositifs destinés aux personnes âgées peinent à répondre efficacement à leurs attentes : l’accessibilité est souvent mal pensée, l’isolement persiste, et la société tend encore à marginaliser les aînés. Face au vieillissement croissant de la population, il devient essentiel de repenser l’habitat. L’isolement des personnes âgées, souvent subi, a des conséquences graves sur la santé et le bien-être. Pourtant, beaucoup souhaitent rester chez elles, dans un lieu familier, garant de leur autonomie et de leur identité. Le logement doit donc devenir un support évolutif, capable d’accompagner les transitions de vie. Ma recherche s’articule autour d’une question centrale : comment l’architecture peut-elle offrir un cadre de vie inclusif et évolutif pour tous, tout en répondant aux défis d’une population vieillissante ? En explorant différents projets en France et en Europe, j’analyse des modèles d’habitat intergénérationnel, participatifs et flexibles, qui placent l’humain et le lien social au cœur de la conception. À travers l’exemple du territoire du Pays de Mormal, engagé dans une démarche « Communauté Amie des Aînés », je propose une réponse ancrée dans un contexte local, visant à redonner aux aînés une place active dans la société. Ce mémoire est une invitation à repenser l’habitat comme un lieu pour soi et un lien pour tous. Il ne s’agit plus de s’adapter à un logement figé, mais bien de concevoir un habitat évolutif, capable de s’adapter à chacun, tout au long de la vie. Ce projet d’architecture ne prétend pas offrir une solution miracle, mais propose une posture : celle d’une architecture comme support, un cadre de liberté, de lien et d’initiatives, qui évolue avec ses habitants. Un lieu ouvert, souple, poreux, qui accueille les corps, les usages et les temporalités, sans les contraindre ni les enfermer. Il s’agit de penser des espaces où l’on peut vieillir sans s’exclure, habiter sans se replier, et partager sans contrainte. Car vieillir ne devrait jamais signifier disparaître.