Étude de l’influence des basses températures sur la biologie et l’écologie comportementale du parasitoïde Trechnites insidiosus
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- En culture de poires, l’ennemi principal est le psylle (Cacopsylla pyri). Ce ravageur cause de gros dégâts au niveau des plants produisant ainsi une diminution du rendement fruitier. Actuellement, une technique de lutte biologique consiste en l’utilisation de guêpes parasitoïdes. Celles-ci peuvent contrôler les populations des ennemis en verger et diminuer les dégâts occasionnés. Contre l’espèce d’intérêt C. pyri, on retrouve notamment le parasitoïde Trechnites insidiosus. Cette espèce est encore très peu étudiée, mais pourrait s’avérer utile dans la lutte contre le psylle du poirier. En effet, l’apparition très précoce dans la saison posthivernale de cette guêpe parasitoïde laisse sous-entendre un intérêt non négligeable dans la régulation des populations de psylles. Néanmoins, les basses températures encore présentes à cette période pourraient être un frein aux activités de contrôle biologique du parasitoïde envers le psylle du poirier. Dans le cadre de ce mémoire, deux expériences ont été réalisées. La première expérience était scindée en 2 parties. Tout d’abord, la première partie consistait à étudier l’influence des basses températures (8 °C, 10 °C, 15 °C et 20 °C) sur les comportements locomoteurs du parasitoïde T. insidiosus en absence de psylles. Ensuite, la deuxième partie consistait en l’étude de ces basses températures sur les comportements locomoteurs et de parasitisme en présence de psylles du poirier (C. pyri). Les comportements locomoteurs étudiés étaient la distance totale parcourue, le temps de mouvement total et la vitesse moyenne de déplacement. Les comportements de parasitisme étudiés étaient le nombre et la durée d’insertion d’ovipositeurs, de contacts antennaires, de nettoyage, de nourrissage sur psylles et enfin de méprise. Finalement, la deuxième expérience s’intéressait à l’influence de la température (10 °C et 20 °C) sur la charge en œufs du parasitoïde. Les résultats de ces expériences ont montré des comportements de parasitisme intéressants à 20 °C. En effet, les comportements d’insertion d’ovipositeurs et de contact d’antennaires ont montrés des résultats prometteurs et ce, dans des laps de temps assez courts. De plus, la vitesse de déplacement, les distances et les durées de déplacement ont également montré des résultats intéressants. En moyenne le parasitoïde s’est déplacé de 312 cm pendant 655 secondes pour une vitesse moyenne de 3,13 mm/s en absence de psylles. En présence de psylles, il s’est déplacé de 134 cm pendant 949 secondes pour une vitesse de 1,30 mm/s. En ce qui concerne les comportements de parasitisme, T. insidiosus a réalisé en moyenne, 7 contacts antennaires durant 4 secondes chacun, 3 insertions d’ovipositeurs d’une durée de 37 secondes chacune et 23 comportements de nettoyage pour une durée totale de 948 secondes. Néanmoins, les températures de 8 °C, 10 °C et 15 °C n’ont pas donné des résultats convaincants. En effet, à partir de 15 °C, une diminution nette d’efficacité dans l’ensemble des comportements de locomotion et de parasitisme du parasitoïde a été observée à mesure que la température diminuait, la distance parcourue, le temps en mouvement et la vitesse moyenne de déplacement diminuaient. Le nombre de réalisations de comportements de parasitisme diminuait dans son ensemble et la durée de ces comportements augmentait considérablement. En ce qui concerne l’influence du froid sur la charge en œuf de T. insidiosus, les résultats ont montré une diminution de 4 œufs à 10 °C par rapport aux 15 œufs de moyenne observés à 20 °C. En conclusion, cette diminution radicale des comportements à partir de 15 °C et la perte de quelques œufs aux basses températures pourraient représenter un frein à l’utilisation de ce parasitoïde dans la lutte contre C. pyri à la sortie de l’hiver. Cependant, l’ensemble des expériences ont été réalisées en laboratoire dans des conditions très éloignées de ce que pourrait donner la réalité du terrain. En effet, d’autres facteurs abiotiques non négligeables tels que l’humidité, la photopériode, les micro-habitats, les rayonnements et les températures fluctuantes pourraient influencer positivement l’efficacité de ce parasitoïde. Le manque de stimulation dû à l’environnement artificiel dans lequel les parasitoïdes ont été disposés aurait pu produire un stress ou un désintérêt ayant pour conséquence une accentuation des effets que les basses températures ont provoqués sur le comportement de cette espèce.